La Haute Autorité de la Communication (HAC) guinéenne a annoncé, lundi 6 juillet 2026, une série de mesures disciplinaires visant le journaliste Mamady Konoma Keita, ainsi que les plateformes numériques KonomaTV Guinée et le site d’informations www.konomaguinee.com, selon l’information rapportée par Guinée7.
La décision, adoptée en session ordinaire de la HAC, signifie une interdiction d’exercer le métier de journaliste pour Mamady Konoma Keita, tandis que les médias auxquels il est associé font l’objet d’une suspension temporaire d’activité. Selon la synthèse disponible, l’autorité de régulation reproche notamment à Mamady Konoma Keita d’avoir exercé sans disposer des accréditations ou qualifications requises par la réglementation guinéenne.
Contexte de la régulation médiatique en Guinée
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de gouvernance médiatique en Guinée, où la HAC exerce une fonction d’autorité indépendante chargée de superviser le secteur audiovisuel et numérique. Les sanctions prononcées par cette institution reflètent les tensions persistantes entre les autorités de régulation et certains acteurs du secteur des médias privés, particulièrement dans le paysage numérique en expansion.
La suspension de plateformes d’information soulève des questions récurrentes sur l’exercice de la liberté de presse et la régulation du secteur dans la sous-région ouest-africaine, enjeux centraux pour la CEDEAO et pour les dynamiques de gouvernance continentale en matière de droits de l’homme et de libertés fondamentales.

Implications pour le secteur médiatique régional
L’affaire Konoma intervient dans un contexte où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest font face à des défis similaires : concilier la nécessité d’une régulation professionnelle des médias avec le respect des libertés d’expression. La Commission de la CEDEAO a adopté en 2019 une décision-cadre sur la protection du pluralisme médiatique et de la liberté d’expression, établissant des normes communes aux États membres.
Les autorités de régulation médiatique, comme la HAC, doivent théoriquement opérer avec une certaine indépendance pour éviter que les sanctions n’apparaissent comme des outils de répression. Cette exigence figure dans les recommandations du rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté d’opinion et d’expression, ainsi que dans la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance adoptée par l’Union africaine en 2007.
Questions en attente de clarification
À ce stade, plusieurs aspects de cette décision méritent une documentation complémentaire : les motifs précis reprochés à Mamady Konoma Keita au-delà de l’absence d’accréditation; la durée exacte de la suspension des plateformes numériques; les voies de recours disponibles pour les parties sanctionnées; et la conformité de la procédure avec les standards internationaux de due process et de respect du droit à la défense.
Mamady Konoma Keita et ses structures médiatiques n’ont pas encore communiqué publiquement sur cette décision au moment de la rédaction de cet article. Une demande de commentaire auprès de la HAC permettrait de préciser les fondements juridiques et factuels de ces sanctions.
À suivre
Cet événement rappelle l’importance du renforcement des cadres de gouvernance médiatique respectueux des libertés fondamentales en Afrique de l’Ouest, un sujet qui figurera probablement à l’ordre du jour des instances régionales concernées.





