À quelques semaines du coup d’envoi des éliminatoires de la CAN PAMOJA 2027, Paulo Duarte, sélectionneur national de la Guinée, affiche une confiance tranquille face aux défis qui attendent le Syli. L’entraîneur portugais a détaillé sa vision de la campagne de qualification lors d’une interview accordée à Guineenews, abordant les enjeux du groupe et la préparation de son effectif.
Un groupe déséquilibré
Duarte dénonce d’abord le format des éliminatoires, qu’il juge inéquitable. Selon lui, le tirage au sort a pénalisé trois groupes sur douze en réduisant à un seul le nombre de places qualificatives, tandis que neuf équipes dans cette configuration n’ont pas les mêmes probabilités de se qualifier. « C’était une mauvaise décision de la CAF qui pénalise la Guinée, l’Afrique du Sud, l’Eswatini et toutes les autres équipes de ces groupes », estime-t-il.
Le sélectionneur souligne que ce format diffère de celui de la Coupe du Monde, où la présence de trois organisateurs et une répartition différente garantissent des chances égales à tous.
L’Afrique du Sud comme premier test
Malgré ces critiques, Duarte aborde le duel contre l’Afrique du Sud avec détermination. Il reconnaît la qualité de l’adversaire, mais refuse de le traiter comme insurmontable. « L’Afrique du Sud va avoir un adversaire très difficile qui s’appelle la République de Guinée », affirme-t-il, soulignant que le Kenya, pays organisateur et deuxième adversaire du groupe, présentera également un défi de taille.
Le sélectionneur note que l’Afrique du Sud a récemment changé d’entraîneur avec la nomination de Pitso Mosimane, ce qui pourrait entraîner des modifications tactiques et d’effectif. Néanmoins, il tempère : certains traits du jeu sud-africain pourraient demeurer identiques.
Une équipe en quête d’équilibre
Sur les mois écoulés depuis sa prise de fonction, Duarte a privilégié l’exploration et le test des joueurs à la recherche de résultats. « Ma priorité n’était pas les résultats — même si c’est bien que nous en ayons obtenus —, ma priorité était de tester le maximum de joueurs, de découvrir le maximum de potentiel pour équilibrer et valoriser ce groupe », explique-t-il.
Cette stratégie a permis l’émergence de nouveaux visages et une rénovation de l’effectif sur plus de trente joueurs disponibles à long terme. Le sélectionneur souligne que l’équipe a gagné en options tactiques, rajeuni son âge moyen et amélioré la qualité globale. « Nous sommes meilleurs aujourd’hui qu’il y a un an », assure-t-il, tout en restant humble : « Elle n’est pas parfaite, loin de là ».
Vers un noyau dur
Interrogé sur la stabilisation du groupe avant les matchs décisifs, Duarte confirme qu’un noyau dur émerge. Il envisionage une équipe jeune et ambitieuse, capable de performer durant les sept à dix prochaines années.
Cependant, il demeure insatisfait sur un point : l’absence de certains binationaux de qualité qui n’ont pas encore accepté de jouer pour la Guinée. « Si tout le monde acceptait, je suis sûr que la Guinée serait une puissance africaine au niveau de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Sénégal ou d’autres équipes », affirme-t-il. Mais il refuse de s’attarder sur ces défections : « Ce qui m’intéresse, c’est de compter sur les joueurs que nous avons aujourd’hui et de les valoriser dans le présent ».
Le technicien insiste sur la nécessité de se concentrer sur la qualification et les deux premières échéances du groupe, en particulier le match en Afrique du Sud. Il envisage l’avantage du dernier match à domicile comme un atout stratégique pour une qualification potentielle.





