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Afrique centrale

Wuta Mayi, 77 ans, incarne l’âme de la rumba congolaise au Kriol Jazz Festival

À 77 ans, Wuta Mayi, membre fondateur des Quatre Étoiles du Zaïre, a captivé le Kriol Jazz Festival en avril 2026. Le musicien incarne soixante ans de passion pour la rumba congolaise et transmet son héritage par des chansons sur l'amour, la vie et l'unité.

Wuta Mayi, 77 ans, incarne l’âme de la rumba congolaise au Kriol Jazz Festival

En avril 2026, le Kriol Jazz Festival au Cap-Vert a accueilli Les Quatre Étoiles du Zaïre, groupe légendaire fondé à Paris mais enraciné à Kinshasa. À 77 ans, Wuta Mayi, membre fondateur et chanteur du groupe, a illuminé la scène d’une voix portée par plus de six décennies de carrière musicale.

Gaspard Wuta Mayi, aussi connu sous le nom de Blaise Pasco, a grandi à Kinshasa où la rumba congolaise a façonné son univers musical. Dès l’enfance, il écoutait avec passion les grands maîtres du genre, notamment Franco Luambo, dont la chanson « Bolingo na Ngai na Beatrice » l’a marqué à jamais. Cette fascination précoce s’est transformée en vocation : « Déjà quand j’étais gosse, on avait un appareil qu’on appelait à l’époque phono. Donc j’étais fanatique de nos vieux », confie-t-il.

La musique n’est pas pour Wuta Mayi une simple profession, mais une force vitale qui l’habite constamment. « Même si je dors, je chante, même si je rêve, je chante, même si je me promène à pied, je chante, c’est une chose, pour moi, fondamentale dans la vie, tout court ! » Cette passion inébranlable lui a permis de collaborer avec les plus grands artistes du continent, dont Franco Luambo lui-même.

Quatre décennies d’histoire collective marquent Les Quatre Étoiles du Zaïre, dont l’évolution s’est écrite sur le temps long. Le festival capverdien, orchestré par José Da Silva (producteur ayant travaillé avec la légende Cesária Évora), demeure devenu un événement majeur qui célèbre les voix emblématiques de la musique africaine.

Aujourd’hui, Wuta Mayi refuse de se reposer sur ses acquis. Il continue à composer et à transmettre son héritage aux générations montantes. Ses créations explorent des thèmes universels : l’amour, la vie quotidienne, le respect mutuel et la critique sociale adressée aux autorités. « Oui, je continue à écrire. Je chante sur tous les thèmes, sur les femmes, sur l’amour, sur la vie quotidienne, le respect mutuel ! Nous critiquons, nous critiquons qui ? L’État, car c’est lui qui gère tout dans le pays ! »

Au-delà de l’artiste, Wuta Mayi incarne une philosophie : celle de l’unité par la musique. Il prêche la fraternité entre musiciens et auditeurs, une solidarité née non du sang mais du partage mélodique. « Nous tous nous sommes des frères, nous sommes des frères ! Pas des frères biologiques mais des frères en amour sur la musique que nous faisons pour les auditeurs et pour les mélomanes. »

Pour le septuagénaire, la base de toute construction humaine repose sur un principe simple mais fondateur : l’amour. « L’amour, c’est quand on aime quelque chose, c’est quand on aime quelqu’un, c’est ça l’amour car on ne peut pas vivre sans amour. S’il n’y a pas l’amour, on ne peut rien construire, on ne peut rien faire. Donc la base de la vie, c’est l’amour. Aimons-nous vivants ! »

Cette philosophie musicale, portée par soixante années de création et d’engagement artistique, résonne bien au-delà du Cap-Vert. Elle rappelle que la rumba congolaise demeure bien vivante, transmise par une voix intergénérationnelle qui refuse de faiblir.

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La rédaction de Fameen News

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