Le paysage numérique libérien s’apprête à franchir une nouvelle étape. L’Autorité des télécommunications du Liberia (LTA) a récemment lancé une vaste opération de diagnostic pour cartographier les zones encore privées d’une couverture réseau optimale. Cette initiative, qui concerne 14 des 15 comtés du pays, vise à identifier les localités prioritaires pour le déploiement de nouvelles infrastructures.
Renforcer l’accès via le Fonds d’accès universel
Dans une annonce officielle publiée le 26 octobre, la LTA a confirmé l’identification de sites stratégiques destinés à accueillir 15 nouveaux pylônes. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Fonds d’accès universel (UAF), un mécanisme financier conçu pour soutenir le développement des télécommunications dans les régions où la rentabilité commerciale est jugée trop faible pour attirer les investissements privés classiques. Ces 15 futures installations viendront renforcer un réseau existant, déjà composé de 15 pylônes financés par ce même dispositif.
Un contraste entre couverture et adoption
Les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT) illustrent une dynamique contrastée. Si la couverture mobile 4G a atteint 93 % de la population libérienne en 2025, environ 7 % des habitants, soit près de 400 000 personnes sur une population totale estimée à 5,7 millions, restent hors de portée de cette technologie. Cette fracture touche principalement les zones rurales et reculées, où les coûts d’infrastructure représentent un défi majeur pour les opérateurs.
Cependant, l’extension géographique du réseau n’est qu’une partie de l’équation. L’enjeu de l’adoption des services numériques demeure central. En 2024, les chiffres de l’UIT indiquaient que 70 % de la population n’utilisait pas Internet. Les statistiques révèlent également un écart notable entre l’accès à la téléphonie mobile, utilisé par 54,8 % des Libériens, et l’usage effectif d’Internet, qui concerne 32,2 % de la population.
Les défis de l’inclusion numérique
Au-delà de la simple disponibilité technique, plusieurs facteurs freinent l’usage des outils numériques au Liberia. Le coût des smartphones compatibles et le prix des forfaits de données constituent des barrières économiques significatives, particulièrement pour les ménages à faibles revenus. À cela s’ajoutent des besoins en matière de compétences numériques et la nécessité de proposer des contenus locaux adaptés, autant d’éléments qui influencent la décision des citoyens d’adopter ou non ces technologies.
En ciblant les zones mal desservies, le régulateur libérien cherche à réduire ces disparités, tout en reconnaissant que la transformation numérique du pays dépendra aussi de la capacité à rendre ces services plus accessibles et pertinents pour l’ensemble de la population.





