Le festival Babi Slam a célébré, le 31 octobre dernier à Abidjan, une décennie d’existence. Cet événement, devenu une référence incontournable pour les amateurs de poésie et de musique, a marqué son dixième anniversaire par une « Grande nuit du slam » riche en émotions, accueillant des artistes ivoiriens et internationaux, dont le rappeur Oxmo Puccino en invité spécial.
Une pépinière de talents
Au cœur de cette réussite se trouve le collectif « Au nom du slam », véritable moteur de la scène slam ivoirienne. Au fil des années, cette structure a su accompagner, former et structurer une nouvelle génération d’artistes. Bérénice, championne nationale de slam 2022, souligne le rôle crucial de ces mentors : « Ce sont les pères qui ont été là, depuis nos petites marches. On est tombé, on a trébuché, ils ont été là pour nous relever, pour nous guider, pour nous corriger. »
Cette transmission est au cœur de la philosophie du festival. Elba, slameuse camerounaise présente lors de cette édition, témoigne de l’impact des ateliers organisés durant l’événement : « Toutes les personnes qu’on a pu rencontrer nous ont beaucoup appris, surtout Oxmo Puccino. »
La reconnaissance d’un art
Le chemin parcouru par le collectif est significatif. Amee Slam, présidente de « Au nom du slam », se souvient des débuts où il fallait expliquer la nature même de cette discipline artistique à chaque rencontre. Aujourd’hui, le slam a conquis son public et s’est imposé dans le paysage culturel ivoirien. « C’est un mot qui n’est ni tabou, ni inconnu », se félicite-t-elle.
Pour les membres du collectif, comme l’artiste connu sous le nom de l’Étudiant, cette longévité est une source de fierté immense. Le festival ne se contente plus d’être une simple scène, il est devenu un espace de construction identitaire et artistique. La soirée anniversaire, conclue par le concert d’Oxmo Puccino, a confirmé la vitalité de ce genre qui continue de susciter des vocations à travers le continent.
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