Le marché mondial de l’ejiao, une gélatine extraite de la peau d’âne, exerce une pression croissante sur le cheptel africain. Cette substance, autrefois réservée aux élites impériales, est devenue un produit de grande consommation en Chine, où elle est intégrée à une large gamme de boissons, de cosmétiques et de produits alimentaires.
Une demande industrielle aux conséquences locales
Selon les données rapportées par RFI, la demande chinoise nécessite l’approvisionnement de quatre à cinq millions de peaux d’ânes chaque année. Cette cadence dépasse largement les capacités de production des élevages chinois, poussant les industriels à se tourner vers l’Afrique, continent qui abrite environ deux tiers de la population mondiale d’ânes.
La valeur marchande d’une peau, pouvant atteindre plus de 400 dollars, alimente un trafic transcontinental. Pour de nombreuses familles rurales africaines, cette dynamique représente une menace directe pour leurs moyens de subsistance. L’âne demeure en effet un outil de travail indispensable pour le transport de l’eau, des récoltes et du bois.
Le moratoire de l’Union africaine face à la réalité du terrain
Face à l’ampleur de ce phénomène, l’Union africaine a adopté en 2024 un moratoire de 15 ans interdisant l’abattage des ânes pour leur peau. Malgré cette décision institutionnelle, le commerce illicite persiste deux ans plus tard. Les vols et l’abattage massif continuent de fragiliser les écosystèmes ruraux, où la perte de ces animaux handicape l’organisation quotidienne des ménages.
Ce dossier souligne la tension entre les besoins d’une industrie internationale en pleine expansion et la préservation d’un capital animal essentiel à l’autonomie des communautés rurales en Afrique.





