Depuis janvier 2023, la famille Sow, originaire de Bouliwel dans la préfecture de Coyah (Guinée), attend des nouvelles de son fils Abdoulaye Sow, âgé de 24 ans au moment de sa disparition. Le jeune homme a quitté le domicile familial à Kassonya sans en informer ses proches, selon des informations rapportées par le média guinéen Le Révélateur.
Selon le récit des événements, Abdoulaye Sow s’était d’abord rendu à Siguiri, puis avait poursuivi son voyage vers Bamako au Mali. Une fois arrivé dans la capitale malienne, il aurait contacté son père, Amadou Siina Sow, avant que le silence s’installe. Les circonstances exactes de sa disparition restent à vérifier.
Un phénomène transfrontalier préoccupant
Ce cas illustre une réalité complexe en Afrique de l’Ouest : la mobilité intra-régionale des jeunes, facilitée par les traités de libre circulation de la CEDEAO, s’accompagne de risques croissants. Le protocole de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest permet aux citoyens une liberté de mouvement entre les États membres, mais les disparitions transfrontalières restent insuffisamment documentées et coordonnées.
La Guinée, le Mali et les autres nations de la région font face à des défis persistants en matière de traçabilité et de sécurité des personnes en déplacement. Les familles confrontées à ces disparitions disposent de ressources limitées pour localiser leurs proches et franchir les frontières administratives.
Appels à l’action et coordination régionale
La famille Sow a rendu publique la disparition de son fils, espérant mobiliser les communautés et les autorités. Cette démarche souligne l’importance des mécanismes de signalement au niveau national et régional.

Bien que la CEDEAO promeuve la mobilité des personnes, la coordination entre les services de police, les institutions nationales de protection des droits humains, et les ambassades reste fragmentée. Des institutions comme la Commission de la CEDEAO et l’Union africaine disposent de cadres théoriques pour l’échange d’informations, mais leur mise en œuvre opérationnelle demeure inégale.
Contexte guinéen et ouest-africain
La Guinée, comme plusieurs pays de la région, connaît depuis 2021 des turbulences politiques et sécuritaires qui perturbent aussi les systèmes d’enregistrement civile et de coordination interadministrative. Ces facteurs compliquent les investigations en cas de disparition, notamment lorsqu’elles franchissent les frontières.
Le Mali, destination du voyage d’Abdoulaye Sow, traverse une période d’instabilité accrue, avec des défis sécuritaires affectant aussi la capacité des autorités à documenter les signalements de personnes disparues.
Enjeux plus larges
Ce cas de disparition soulève des questions structurelles : comment harmoniser les systèmes de signalement transfrontaliers en Afrique de l’Ouest ? Comment renforcer la protection des jeunes migrants informels ? Quel rôle les institutions régionales peuvent-elles jouer ?
Les familles comme celle des Sow rappellent que la libre circulation, principe fondamental de l’intégration régionale, doit s’accompagner de mécanismes robustes de sécurité et de traçabilité.
Les informations relatives aux circonstances précises de la disparition d’Abdoulaye Sow restent incomplètes. Toute personne disposant d’informations est invitée à les signaler aux autorités locales ou à la famille.





