L’Office guinéen de publicité (OGP), établissement public autonome chargé de la gestion de la publicité en Guinée, affiche un redressement financier notable après dix-huit mois de gestion dirigée par Aladji Cellou Camara. Selon les données rendues publiques par l’institution, la situation de trésorerie s’est inversée : de 80 milliards de francs guinéens de dettes héritées à l’arrivée du nouveau responsable, l’OGP dispose désormais de 13 milliards de francs guinéens en réserve.
Un diagnostic difficile à l’arrivée
Le redressement intervient dans un contexte où les établissements publics guinéens accumulent des arriérés budgétaires significatifs. L’OGP ne fait pas exception à cette tendance : la gestion antérieure avait laissé l’institution dans une situation de déficit structurel, affectant son fonctionnement opérationnel et sa capacité à remplir ses missions de régulation et de promotion du secteur publicitaire.
Cette situation reflète des enjeux plus larges pour les entreprises publiques en Afrique de l’Ouest, où la gouvernance financière, la transparence budgétaire et la viabilité économique des structures restent des défis centraux pour la région.
Réformes et modernisation en cours
Au-delà du redressement comptable, l’équipe dirigeante signale plusieurs initiatives de réforme : modernisation des processus internes, amélioration de la conformité réglementaire et renforcement des mécanismes de contrôle. Ces mesures s’inscrivent dans une volonté affichée de professionnaliser le fonctionnement de l’établissement.
La gestion de l’OGP intervient également dans un environnement commercial guinéen en évolution. Le secteur publicitaire, traditionnellement soutenu par la presse écrite, audiovisuelle et numérique, fait face à des transformations liées à la digitalisation et à l’émergence de nouveaux canaux de communication en Afrique de l’Ouest.

Enjeux de gouvernance dans la région CEDEAO
La performance de l’OGP peut être envisagée dans le cadre plus large des initiatives de gouvernance au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Plusieurs pays membres, dont la Guinée, travaillent sur le renforcement de la transparence des entreprises publiques et la mise aux normes de leurs structures de contrôle.
Selon les principes de gouvernance promus par la Banque africaine de développement (BAD) et le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), le redressement d’un établissement public constitue un indicateur positif de gestion institutionnelle, à condition que les réformes soient durables et documentées.
Questions en suspens
Plusieurs aspects demandent à être clarifiés pour une évaluation complète de la situation. À vérifier : la composition détaillée des 80 milliards de dettes initiales (arriérés de personnel, dettes fournisseurs, obligations de service public, autres), les modalités précises de leur résolution, la pérennité des réserves constituées et les prévisions budgétaires pour les exercices suivants.
Il convient également de comprendre comment ce redressement a été rendu possible : renégociation des dettes, augmentation des revenus d’exploitation, restructuration des charges, ou combinaison de ces facteurs.
Perspective
Si confirmé par un audit indépendant, ce redressement illustrerait la possibilité de réformer en profondeur une structure publique en difficulté. Pour la Guinée et la région CEDEAO, où le renforcement des capacités institutionnelles reste un enjeu stratégique, cet exemple pourrait alimenter les réflexions sur la gestion efficace des entreprises publiques.
Fameen News continuera de suivre l’évolution de l’OGP et les mesures de pérennisation de ce redressement.





