Tadej Pogacar débute samedi à Monaco la conquête du Tour d’Espagne avec un objectif ambitieux : remporter la Vuelta et devenir le neuvième coureur de l’histoire à accomplir la trilogie des trois Grands Tours du cyclisme professionnel.
Le coureur slovène de 27 ans arrive en Espagne galvanisé par sa victoire au Tour de France 2026, remportée le 26 juillet à Paris. Cette nouvelle couronne s’ajoute à ses cinq succès dans la Grande Boucle (2020, 2021, 2024, 2025 et 2026) et à son titre au Tour d’Italie 2024. Un palmarès qui le place d’ores et déjà parmi les plus grands champions du cyclisme.
« Ça fait longtemps que j’avais envie de refaire la Vuelta. On s’est assis en décembre et on a parlé de la possibilité de venir. C’était le bon moment », a expliqué Pogacar en conférence de presse jeudi, justifiant son retour sur les routes espagnoles sept ans après sa première participation en 2019.
Des rivaux affaiblis
Pour Pogacar, le contexte s’avère favorable. Jonas Vingegaard, son principal rival danois, a mis fin à sa saison lundi après une chute lors de la 15e étape du Tour de France. D’autres prétendants majeurs — Isaac Del Toro, Remco Evenepoel et Paul Seixas — se concentrent sur la préparation des Championnats du monde de Montréal, prévus fin septembre.
Le double champion du monde en titre n’abandonne d’ailleurs pas l’idée de remporter un triplé inédit : Tour de France, Tour d’Espagne et Mondiaux dans la même année civile. Une prouesse jamais réalisée à ce jour.
Un parcours exigeant en trois semaines
La 81e édition de la Vuelta démarrera par un contre-la-montre individuel de 9,4 kilomètres dans les rues de Monaco, terminant boulevard Albert Ier, au même endroit que l’arrivée du Grand Prix automobile. Cette étape de lancement revêt une dimension particulière : le micro-État devient la première ville à accueillir le départ des trois Grands Tours, après le Giro en 1966 et le Tour de France en 2009.
Pogacar, résident monégasque, ne devrait pas être dépaysé. Il retrouvera également les Pyrénées françaises lors de la 3e étape à Font-Romeu, où il avait impressionné six semaines plus tôt lors du Tour de France. L’arrivée finale se déroulera à Grenade, en Andalousie, après un parcours longeant la côte méditerranéenne sans passer par Madrid.
Le Tour d’Espagne offre un tracé très montagneux, seule la 17e étape entre Dos Hermanas et Séville présentant un profil véritablement plat. Cette exigence repousse les meilleurs sprinteurs mondiaux, au profit des spécialistes des classiques du printemps.
Pogacar face à des outsiders
L’équipe UAE de Pogacar s’avère impressionnante, avec le Portugais Joao Almeida en tant que lieutenant majeur. Almeida avait terminé deuxième de la Vuelta 2025 derrière Vingegaard.
Derrière Pogacar, l’Autrichien Félix Gall, deuxième du Tour d’Italie 2026, apparaît comme le mieux armé pour le podium. Il pourra compter sur l’appui en montagne de son coéquipier français Léo Bisiaux chez Decathlon CMA CGM. Richard Carapaz et Mattias Skjelmose, en excellente forme lors du dernier Tour de France, partiront avec le statut d’outsiders. Primoz Roglic, quadruple vainqueur de la Vuelta, s’avance avec peu de certitudes après avoir été renversé par une voiture fin juillet.
Sur le plan des victoires d’étape, les Danois Wout Van Aert et Mads Pedersen, spécialistes des classiques printanières, devraient se livrer une belle bataille. Pedersen estime qu’« approximativement, il y a cinq à sept étapes où il y a une possibilité de gagner ».
Pour Pogacar, l’opportunité de compléter la trilogie des Grands Tours s’offre à lui. Huit coureurs seulement l’ont réalisée avant lui : Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Alberto Contador, Vincenzo Nibali, Christopher Froome et Jonas Vingegaard. Trois champions seulement ont remporté le doublé Tour-Vuelta : Anquetil (1963), Hinault (1978) et Froome (2017). Pogacar ambitionnera de suivre cette voie royale.





