Le groupe sidérurgique marocain Sonasid a affiché un résultat net part du groupe de 167 millions de dirhams au premier semestre 2026, contre 97 millions de dirhams douze mois plus tôt. Cette progression de 72 % survient dans un contexte d’activité commerciale quasi stable : le chiffre d’affaires consolidé s’est établi à 3 051 millions de dirhams, confirmant ainsi une trajectoire différente de celle des entreprises qui recherchent avant tout la croissance topline.
Ce paradoxe apparent—plus de bénéfice pour un revenu similaire—révèle une stratégie délibérée d’amélioration de la rentabilité. L’EBITDA consolidé a augmenté de 30 %, atteignant 329 millions de dirhams, tandis que le résultat d’exploitation a progressé de 46 %. Ces chiffres traduisent une contention des coûts et une meilleure maîtrise opérationnelle, éléments clés dans un secteur sidérurgique souvent confronté à des marges comprimées.
Sonasid attribue cette performance à trois facteurs. D’abord, l’amélioration de l’efficacité opérationnelle interne. Ensuite, la progression des volumes vendus, particulièrement au deuxième trimestre, où le chiffre d’affaires trimestriel a grimpé de 12 % sur un an. Enfin, la montée en puissance de produits à plus forte valeur ajoutée, qui renforcent les marges unitaires sans nécessiter une augmentation proportionnelle du volume.
Redynamisation au second semestre
Le premier trimestre de l’année s’était déroulé sous le poids de conditions climatiques défavorables, ralentissant l’activité. Cette faiblesse initiale a cédé le pas au deuxième trimestre grâce à plusieurs facteurs externes. D’une part, l’avancement de plusieurs projets structurants au Maroc a soutenu la demande. D’autre part, le secteur de l’acier bénéficie de la poursuite des investissements publics et privés dans les infrastructures, le bâtiment et les grands projets industriels, créant un environnement favorable aux producteurs locaux.
Cette dynamique donne au groupe une visibilité sur les mois à venir, étant donné que ces investissements structurels devraient s’étendre sur plusieurs années.
Un programme d’investissement massif pour consolider l’avance
Loin de se reposer sur ces résultats, Sonasid accélère son programme de transformation industrielle. Les investissements réalisés au premier semestre ont atteint 149 millions de dirhams, en hausse de 48 % sur douze mois. Pour l’ensemble de 2026, le groupe a prévu une enveloppe d’investissement de 514 millions de dirhams, dont une part majeure est consacrée à des projets stratégiques.
Ces projets incluent l’acquisition d’un nouveau four à Nador ainsi que la modernisation de l’aciérie existante. Ces équipements doivent permettre au groupe de renforcer sa compétitivité industrielle face à la concurrence régionale et internationale, tout en augmentant sa capacité de production et sa flexibilité.
Un modèle industriel en mutation
La trajectoire de Sonasid illustre une évolution stratégique au-delà de la simple expansion. Le groupe se repositionne vers un modèle axé sur la compétitivité et la création de valeur plutôt que sur la croissance brute du chiffre d’affaires. Cette approche suppose une maîtrise fine des coûts, une capacité à innover dans la gamme de produits et une compréhension de la chaîne de valeur qui permet d’en capturer une part croissante.
Dans un secteur où les volumes sont souvent imposés par des dynamiques macro-économiques, cette stratégie offre une certaine autonomie, permettant à Sonasid d’améliorer ses résultats même en période de stabilité de la demande.





