La Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée et l’Observatoire national de la communication (ONC) du Niger intensifient leur collaboration pour encadrer l’évolution du paysage médiatique numérique en Afrique de l’Ouest. À l’issue d’une visite de travail à Conakry le 26 septembre 2026, les deux institutions ont adopté plusieurs résolutions visant à relever les défis communs de la régulation numérique au sein de la zone UEMOA.
Coordonner la feuille de route communautaire
Ibrahim Manzo Diallo, président de l’ONC du Niger et vice-président de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée (PRA-UEMOA-Guinée), a participé à ces travaux en compagnie des autorités guinéennes. Les échanges ont porté sur la mise en œuvre de la feuille de route 2026-2028 adoptée collectivement par les présidents des instances membres de la plateforme.
Un élément clé a émergé des discussions : la nécessité de renforcer les liens entre tous les régulateurs membres de la PRA-UEMOA-Guinée. La HAC et l’ONC se sont engagées à établir des contacts réguliers avec leurs homologues afin d’assurer le suivi et la mise en œuvre effective des décisions de la 12e Assemblée générale de la plateforme.
Face aux défis du numérique
Les deux institutions ont identifié plusieurs enjeux prioritaires pour les régulateurs de l’espace communautaire. La régulation des contenus numériques occupe une place centrale, aux côtés de la lutte contre la désinformation et les discours de haine. S’ajoutent à ces préoccupations la prévention des atteintes à la cohésion sociale et la protection de l’ordre public.
Ces défis reflètent une réalité contemporaine : la multiplication rapide des contenus numériques et la circulation accélérée de fausses informations et de propos susceptibles de déstabiliser les sociétés. Les régulateurs ouest-africains doivent adapter leurs outils et leurs stratégies à cet environnement en constante mutation.
Transparence et responsabilité des plateformes
Au-delà de la régulation des contenus, la HAC et l’ONC du Niger se concentrent sur la question cruciale des relations entre régulateurs et entreprises numériques. Selon le communiqué conjoint sanctionnant la rencontre, les deux présidents s’engagent à déployer tous les efforts nécessaires pour encourager les plateformes numériques à adopter des protocoles spécifiques garantissant la transparence des algorithmes.
Cet objectif s’inscrit dans une logique plus large : moderniser la gestion des contenus et responsabiliser les géants du numérique face à leurs impacts locaux. La HAC et l’ONC visent ainsi à établir des cadres d’engagement direct avec ces acteurs globaux.
Éducation aux médias et au numérique
Les deux institutions mettent également en avant l’éducation aux médias et au numérique comme levier stratégique. Cette dimension pédagogique est perçue comme essentielle pour favoriser une utilisation plus responsable des réseaux sociaux et préparer les populations à déceler les fausses informations.
En promouvant une meilleure littératie numérique, la HAC et l’ONC du Niger espèrent renforcer la capacité des citoyens à naviguer dans un environnement médiatique devenu complexe, tout en réduisant la vulnérabilité aux contenus nuisibles à la cohésion sociale.
Un cadre régional harmonisé
Cette collaboration entre Conakry et Niamey illustre l’importance d’une régulation coordonnée à l’échelle régionale. En mutualisant leurs expériences et en définissant des principes communs, les régulateurs de la PRA-UEMOA-Guinée se dotent des conditions pour faire face ensemble aux transformations du paysage médiatique ouest-africain.





