À l’aube des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2027, Carlos Queiroz, sélectionneur des Black Stars du Ghana, pose une exigence claire : la concentration totale sur les défis immédiats. Le technicien portugais de 73 ans prépare son équipe à affronter la Côte d’Ivoire et la Gambie dans le Groupe C, tout en gardant en ligne de mire des objectifs bien plus lointains.
L’équipe ghanéenne fait face à des absences notables pour cette première phase des qualifications. Mohammed Kudus et le Prince Adu Kwabena ne seront pas du voyage, privant la sélection de deux éléments importants. Cette situation intervient après une absence marquante : le Ghana n’a pas participé à l’édition 2025 de la CAN.
Malgré ces contraintes, Queiroz articule sa vision autour d’une stratégie duelle. « Les mains sur le présent, les yeux rivés sur l’avenir. La priorité est très claire. Se concentrer absolument sur la qualification pour la CAN, avec la Coupe du monde 2030 en ligne de mire », déclare le sélectionneur. Il ajoute : « Nous avons un objectif immédiat qui exige toute notre concentration, mais nous avons aussi une destination plus importante devant nous. »
Cette double ambition répond à un enjeu structurel pour le Ghana. Queiroz entend utiliser les six prochaines années pour forger une équipe capable de restaurer le prestige historique du pays sur la scène mondiale. Les quadruples champions d’Afrique portent un héritage lourd, auquel le technicien portugais veut rendre honneur lors de la Coupe du monde 2030.
Le timing des éliminatoires de la CAN offre une opportunité : débuter la construction de cet effectif compétitif dès maintenant. Queiroz insiste sur la nécessité de bâtir « une équipe véritablement capable d’honorer l’extraordinaire héritage du Ghana en Coupe du monde ».
Au-delà des matchs contre la Côte d’Ivoire et la Gambie, un amical face au Maroc complète ce bloc de rencontres décisives. Ces trois confrontations constituent, aux yeux du sélectionneur, les fondations d’un projet quinquennal qui dépasse les seules échéances continentales.
Cette approche reflète la volonté de la Fédération ghanéenne et de son entraîneur d’équilibrer les urgences du court terme avec la patience du long terme. Sans réussir la qualification pour la CAN 2027, le projet 2030 perd sa crédibilité ; inversement, sans vision pour 2030, la participation à la CAN devient un simple objectif technique, déconnecté du renouveau structurel nécessaire.
Queiroz semble avoir bien compris cet équilibre. En plaçant la concentration immédiate au service d’une ambition lointaine, il propose aux Black Stars un cadre mobilisateur où chaque sélection, chaque résultat, contribue à la reconstruction de l’image du football ghanéen sur le plan international.





