Après cinq années d’activité sur le marché nigérian, la startup spécialisée dans le paiement fractionné (BNPL) Klump a officiellement annoncé la cessation de ses opérations. Cette décision, confirmée par ses cofondateurs Celestine Omin et Olufunbi Falayi, marque la fin d’une aventure entrepreneuriale qui visait à démocratiser l’accès au crédit pour les consommateurs et les commerçants.
Un modèle économique en mutation
À ses débuts, Klump avait adopté une stratégie de crédit direct, portant elle-même son portefeuille de prêts. Ce choix permettait à la jeune pousse de maîtriser ses délais de décision et d’offrir des capacités de financement supérieures à celles des institutions classiques. Cependant, l’impossibilité de lever la dette nécessaire pour soutenir cette croissance a contraint l’entreprise à pivoter vers un modèle de place de marché.
Dans cette seconde configuration, Klump agissait comme un intermédiaire technologique, connectant des banques et des établissements de microfinance à des clients souhaitant régler leurs achats en plusieurs fois. Si cette approche permettait à Klump de ne plus porter le risque de crédit, elle s’est heurtée à des obstacles opérationnels majeurs.
Les défis de l’intégration technologique
Les fondateurs ont identifié la complexité des partenariats comme un frein majeur à leur développement. L’intégration technique avec les systèmes bancaires existants, souvent peu adaptés aux plateformes tierces, s’est révélée particulièrement longue. Selon les dirigeants, la mise en place de ces accords pouvait nécessiter entre six et dix-huit mois, certains dossiers ayant même requis jusqu’à trois ans pour aboutir sur les plans commercial et juridique.
Face à ces délais et aux restrictions imposées par les institutions financières, Klump, qui a levé environ 1,2 million de dollars au cours de son existence, n’a pas réussi à atteindre la viabilité financière. Après avoir exploré plusieurs pistes de cession, notamment au début de l’année 2026, l’entreprise a finalement décliné une offre de rachat, estimant que le paiement fractionné gagnerait à être intégré au sein d’une structure financière plus large plutôt que d’être exploité comme un service autonome.
Un écosystème en phase de consolidation
La fermeture de Klump s’inscrit dans un contexte de restructuration plus large du secteur technologique au Nigeria en 2026. Plusieurs autres entreprises ont récemment annoncé des arrêts d’activité, à l’image de la startup de livraison GoLemon ou de la plateforme de services financiers Glover. De son côté, la société de paiements Onafriq a également réorganisé ses opérations locales en mettant fin aux activités d’agent bancaire de Baxi, citant notamment la pression exercée par la dépréciation du naira et la hausse des coûts opérationnels.





