Le Bénin intensifie ses efforts pour valoriser son fruit emblématique, l’ananas « pain de sucre », sur la scène internationale. Originaire du plateau d’Allada, ce produit d’exception, reconnu par une indication géographique protégée, est désormais au cœur d’une stratégie d’exportation ambitieuse vers l’Europe et la Chine.
Un défi de perception et de qualité
Pour les acteurs de la filière, l’enjeu est autant logistique que pédagogique. Tiranké Kaké, fondatrice du grossiste TK International, souligne la nécessité d’éduquer les consommateurs européens : « Le pain de sucre a un goût de miel. Il est différent des autres variétés. Il faut expliquer que, contrairement aux idées reçues, un ananas peut être vert tout en étant parfaitement mûr. »
Cette montée en gamme exige une rigueur exemplaire. Le fruit, acheminé par fret aérien pour garantir une fraîcheur optimale, arrive sur le marché européen en 24 heures. Ce mode de transport, bien que coûteux, justifie le positionnement du produit dans le segment du luxe, avec un prix de vente estimé entre cinq et sept euros l’unité.
Vers une logistique optimisée
Le Bénin produit annuellement 500 000 tonnes d’ananas pain de sucre, dont 6 000 tonnes sont actuellement exportées. La France demeure le premier partenaire commercial, absorbant 60 % des volumes expédiés. Afin de soutenir cette croissance, les autorités béninoises, représentées par l’Agence de promotion des investissements et des exportations (APIEx), misent sur l’amélioration de la chaîne de valeur.
Éric Akoute, directeur général de l’agence, insiste sur la volonté politique de promouvoir ce « produit en or ». Pour fluidifier les opérations, un nouveau quai fruitier sera inauguré à l’aéroport de Cotonou d’ici la fin de la semaine. Cette infrastructure vise à renforcer la fiabilité des exportations et à répondre aux attentes des professionnels, qui appellent à une meilleure homogénéité de la production pour assurer une qualité constante tout au long de l’année.
Une ouverture vers l’Asie
Au-delà du marché européen, le Bénin regarde vers l’Est. Une convention a été signée avec la Chine pour faciliter l’entrée de ce fruit sur son territoire. Une délégation béninoise est attendue à la foire de Shanghai pour poursuivre ce travail de promotion internationale, marquant une étape clé dans l’ambition du pays de faire connaître son savoir-faire agricole au monde entier.





