Lancé en janvier 2025 par le président Félix Tshisekedi, le projet de « couloir vert Kivu-Kinshasa » constitue une initiative majeure pour la République démocratique du Congo. Ce programme, soutenu par des financements de l’Union européenne, ambitionne de relier le Nord-Kivu à la capitale, Kinshasa, sur une distance de 2 400 kilomètres. Ses objectifs principaux sont doubles : favoriser le développement économique entre ces deux pôles et assurer la protection des forêts du bassin du fleuve Congo.
Une ambition environnementale sous surveillance
Si le projet est porteur d’espoirs pour le développement du pays, il fait également l’objet d’une attention particulière de la part des organisations de la société civile. Dans un récent rapport, l’ONG Climate Rights International souligne des risques significatifs pour l’environnement et les populations locales.
Fabien Offner, auteur de cette étude, pointe une contradiction majeure entre les intentions affichées et la réalité du terrain. Selon l’ONG, le maintien d’activités extractives dans les zones concernées est en totale incohérence avec les objectifs de lutte contre la déforestation et de préservation des écosystèmes forestiers que le couloir vert est censé promouvoir.
Un équilibre complexe à trouver
Le projet s’inscrit dans une volonté de structurer les échanges économiques sur un axe stratégique traversant le pays. Toutefois, les alertes formulées par des organisations comme Climate Rights International et Greenpeace soulignent la complexité de concilier exploitation des ressources et impératifs écologiques.
Pour les autorités congolaises et leurs partenaires financiers, l’enjeu consiste désormais à répondre à ces préoccupations pour garantir que le développement économique du couloir Kivu-Kinshasa ne se fasse pas au détriment de la biodiversité du bassin du Congo, un actif environnemental essentiel à l’échelle régionale et mondiale.




