Le paysage bancaire africain affiche des trajectoires contrastées en 2025. Alors que les établissements financiers marocains amorcent une phase de redressement, le secteur bancaire kényan fait face à une accumulation préoccupante de créances douteuses, largement influencée par les retards de paiement de l’État.
Une situation tendue au Kenya
Le marché kényan traverse une période de fragilité financière. Selon les données observées, quatre des cinq principales banques du pays figurent en tête d’un classement mesurant le poids des créances douteuses dans les portefeuilles de prêts. Cette concentration de risques place le secteur dans une position délicate.
Le groupe KCB affiche le taux le plus élevé, avec près de 17 dollars de créances douteuses pour chaque tranche de 100 dollars prêtés. Cette tendance se retrouve chez d’autres acteurs majeurs du marché :
- Diamond Trust Bank : 11,2 % de créances douteuses.
- Equity Group : 10,5 % de créances douteuses.
- I&M Group : 9,8 % de créances douteuses.
Le groupe nigérian First HoldCo, également présent dans ce panel, affiche un taux de 12 %. Dans l’ensemble, le taux moyen de créances douteuses pour ces cinq banques kényanes s’établit à 11,2 %, un chiffre nettement supérieur à la moyenne globale du panel étudié, qui se situe à 8 %.
Des dynamiques régionales variées
Si l’Afrique de l’Est subit les conséquences directes des difficultés de paiement de l’État kényan, le reste du continent présente des réalités différentes. Les banques francophones se maintiennent dans une position intermédiaire, tandis que le Maroc se distingue par une amélioration notable de ses indicateurs financiers.
Ces disparités soulignent l’importance du contexte macroéconomique local dans la gestion du risque de crédit. La capacité des institutions bancaires à assainir leurs bilans dépend désormais étroitement de la stabilité des engagements financiers des États et de la résilience des économies nationales face aux aléas de paiement.





