Le secteur de la finance numérique au Cameroun fait l’objet d’une attention accrue en matière de cybersécurité. Lors du Forum Digitise Cameroun, tenu le 28 octobre dernier à Mbankomo, Ebot Ebot Enaw, directeur général de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC), a dévoilé les résultats d’une vaste campagne d’audits menée au cours de l’année 2026.
Sur 108 opérateurs fintech passés au crible par les équipes de l’agence, 3 914 vulnérabilités ont été identifiées. Ces failles concernent aussi bien les procédures internes que les dispositifs techniques mis en place par les entreprises. Plus précisément, les points de vigilance soulevés par l’ANTIC portent sur les politiques de sécurité, le contrôle des accès, la protection des données, ainsi que sur la gestion des compétences du personnel et la continuité des activités.
Il est important de noter que ces constats ne témoignent ni d’intrusions avérées, ni de pertes financières effectives. Ils mettent en lumière des points de vulnérabilité qui, s’ils ne sont pas corrigés, pourraient exposer les plateformes à des risques tels que des fuites d’informations ou des interruptions de service. À titre de comparaison, l’exercice précédent réalisé en 2025 sur 119 acteurs du secteur avait permis de relever plus de 6 500 failles, bien que les périmètres des deux campagnes diffèrent.
Cette démarche de contrôle s’inscrit dans un contexte d’expansion rapide du Mobile Money. Selon les données de l’Agence de régulation des télécommunications (ART), le pays comptait 11,4 millions d’abonnements actifs en 2024, marquant une progression annuelle de 7,24 %. Avec 135,8 milliards de FCFA de revenus générés par ces services sur la même période, la sécurisation des transactions est devenue un enjeu majeur pour maintenir la confiance des utilisateurs.
Le Cameroun a d’ailleurs instauré, depuis avril 2025, des exigences de conformité pour les plateformes souhaitant se connecter à l’infrastructure nationale d’agrégation des communications électroniques. Ces audits de l’ANTIC constituent une étape clé pour garantir la robustesse de cet écosystème.
Par ailleurs, le « Global Cybersecurity Index 2024 » de l’Union internationale des télécommunications (UIT) place le Cameroun dans le niveau « Establishing » (Tier 3). Si le pays affiche une performance solide en matière de mesures juridiques, avec un score de 17,92 sur 20, l’UIT souligne des marges de progression importantes concernant les capacités techniques, où le score s’établit à 6,18 points.





