Aller au contenu
dimanche 9 août 2026
MarchésCours · maj 1 h
USD / GNF 8 782 EUR / GNF 10 142 XOF / GNF 15,5 CNY / GNF 1 298 Or 4 343 $/oz Argent 63,7 $/oz Bitcoin 65 136 $
S’abonner
PublicitéCel
Éducation

Comores : le baccalauréat révèle un système éducatif fragmenté entre les îles

Les résultats du baccalauréat 2026 aux Comores révèlent des écarts abyssaux entre les îles : 46 % de réussite à Mohéli contre 25 % à Anjouan. Enseignants et syndicats pointent des inégalités structurelles en ressources, encadrement et conditions d'apprentissage.

Comores : le baccalauréat révèle un système éducatif fragmenté entre les îles

Aux Comores, les résultats du baccalauréat 2026 dessinent une carte inquiétante des inégalités éducatives. Alors que le taux national de réussite progresse, des écarts béants apparaissent entre les trois îles principales, menaçant la cohésion du système scolaire et les perspectives d’avenir des jeunes Comoriens.

Des réussites inégalement distribuées

Au premier groupe du baccalauréat 2026, le constat est clair : 46 % des candidats sont admis à Mohéli, 37 % en Grande Comore, mais seulement 25 % à Anjouan. Cette disparité de 21 points de pourcentage entre la meilleure et la pire performance n’est pas un simple écart statistique — elle traduit des réalités structurelles profondément inégales.

Pour les jeunes d’Anjouan, cet écart représente un handicap dès le départ dans la compétition pour l’enseignement supérieur et l’emploi. Une réussite au baccalauréat moins probable signifie des opportunités réduites d’accès aux universités locales ou régionales, et des migrations forcées vers les îles mieux dotées ou vers l’étranger.

Les vrais responsables : infrastructure, encadrement, ressources

Les enseignants et syndicats comoriens pointent des facteurs bien concrets. Les disparités reflètent d’abord des conditions matérielles d’apprentissage inégales : manque de manuels scolaires, salles de classe surpeuplées ou mal équipées, accès inégal à l’électricité et aux ressources numériques. Anjouan, l’île la moins peuplée et la plus isolée administrativement, souffre particulièrement de cet appauvrissement des moyens.

S’ajoutent à cela des problèmes d’encadrement. Le niveau de qualification des enseignants varie selon les îles, tout comme leur disponibilité et leur motivation — souvent liée à des retards de salaires ou à des conditions de travail précaires. Dans les zones rurales ou secondaires, le recrutement d’enseignants qualifiés s’avère chroniquement difficile.

Enfin, les disparités socioéconomiques entre les îles amplifient ces obstacles : familles moins en mesure de financer du soutien scolaire privé, élèves contraints de travailler pendant leurs études, accès insuffisant aux ressources de révision.

Un enjeu régional plus vaste

Ce phénomène n’est pas propre aux Comores. En Guinée, au Sénégal et dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, les écarts de performance entre zones urbaines et rurales, ou entre régions favorisées et marginalisées, restent criants. Mais aux Comores, la géographie insulaire ajoute une couche supplémentaire de fragmentation : les îles sont à la fois proches et isolées, difficiles à coordonner administrativement et logistiquement.

Pour les décideurs comoriens, l’enjeu dépasse la simple statistique scolaire. Ces disparités de réussite au baccalauréat risquent de creuser davantage les clivages régionaux, d’alimenter des frustrations politiques et d’accélérer l’exode des jeunes talentueux vers les îles mieux dotées ou vers l’étranger — une fuite des cerveaux que le pays peut difficilement se permettre.

Vers des solutions territoriales

La réponse ne peut être qu’holistique : réhabiliter l’infrastructure scolaire à Anjouan, renforcer le recrutement et la formation des enseignants, mettre en place des programmes de soutien scolaire ciblés, et harmoniser les ressources pédagogiques entre les îles. Des initiatives régionales de mutualisation — partage de contenus numériques, formations d’enseignants communes, bourses d’excellence — pourraient aussi atténuer les disparités.

Le gouvernement comorien dispose d’une fenêtre pour agir avant que ces écarts ne deviennent structurels. C’est maintenant que se joue la cohésion du système éducatif comorien — et, par extension, la stabilité sociale du pays.

PublicitéFG 7
Signaler une erreur dans cet article

Partager cet article

La rédaction de Fameen News

Fameen News est un média économique panafricain. Ses articles sont produits par un système éditorial automatisé, sous la responsabilité de la direction de la publication, à partir d'une veille de sources publiques africaines et internationales.

Voir tous ses articles →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *