Le sélectionneur national Serigne Saliou Dia vient de convoquer 24 joueuses pour un stage de préparation destiné à forger l’ossature de l’équipe sénégalaise U23 en vue de la Coupe d’Afrique des nations féminine de 2027, qui se déroulera en Égypte. Un choix lourd de sens : miser sur des talents formés localement, c’est parier sur la capacité du Sénégal à développer un vivier féminin capable de rivaliser au plus haut niveau continental.
Une préparation en amont pour ne rien laisser au hasard
À plus de trois ans de la compétition, ce stage n’est pas une simple formalité. Il s’agit d’une démarche stratégique : tester des combinaisons, identifier les joueuses qui progressent, et construire progressivement une dynamique collective. Le délai avant 2027 laisse de la marge pour peaufiner la tactique, détecter de nouveaux talents et intégrer les joueuses promises au fur et à mesure de leur maturité.
Pour un football féminin africain encore en quête de stabilité financière et d’infrastructure, cette anticipation traduit une volonté d’accompagner la jeunesse dès maintenant plutôt que d’improviser au dernier moment. C’est particulièrement vrai en Afrique de l’Ouest, où les sélections nationales U23 jouent un rôle de tremplin vers les élites.
Valoriser le talent local, réduire la dépendance à la diaspora
La composition de cette liste révèle un parti pris intéressant : privilégier les joueuses actives dans les championnats et clubs sénégalais plutôt que de courser les expatriées. Cette approche comporte des risques — le championnat local sénégalais ne rivalise pas avec les meilleurs championnats européens en termes de compétitivité — mais aussi des avantages tangibles.
D’abord, la cohésion : des joueuses qui se connaissent, qui jouent ensemble chaque week-end, créent une chimie plus rapide. Ensuite, l’accessibilité : nul besoin de coordonner les calendriers internationaux ou de payer les trajets de joueuses basées en Europe. Enfin, l’impact structurel : investir dans les talents locaux renforce la crédibilité du championnat national et encourage les jeunes à rester compétitives à domicile.
Le Sénégal dans le contexte du foot féminin africain
Le Sénégal n’a pas l’envergure footballistique des grandes nations continentales — Nigéria, Cameroun, Afrique du Sud, Égypte — mais il cultive une ambition réaliste et bien construite. La préparation précoce d’une équipe U23 s’inscrit dans cette logique : progresser pas à pas, créer une génération de joueuses expérimentées au moment du tournoi, plutôt que de compter sur une éclaircie miraculeuse.
Cette méthode a fait ses preuves ailleurs : l’équipe U23 masculine sénégalaise a montré qu’une préparation patiente, menée plusieurs années avant l’échéance, pouvait déboucher sur des résultats solides.
Ce qui se joue concrètement
Pour les 24 joueuses convoquées, ce stage est une opportunité de visibilité et de développement. Pour le championnat local, c’est une validation : les talents que j’on repère en Ligue 1 sénégalaise peuvent aspirer à vêtir le maillot national. Pour le Sénégal enfin, c’est la construction d’une stratégie de moyen terme, loin des improvisations de dernière minute.
Les prochains mois montreront comment Serigne Saliou Dia affine ce groupe, ajuste les postes et prépare les premières joueuses à l’intensité du jeu africain. La CAN 2027 reste lointaine, mais elle se décide en grande partie dès maintenant.





