La Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce (BIIC) s’impose comme l’acteur incontournable du paysage bancaire béninois. Selon le rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’UMOA, publié le 21 août 2026, la BIIC affiche un total bilan de 1 886,8 milliards de FCFA à fin décembre 2025, creusant un écart majeur avec ses concurrents.
Cette avance dépasse largement l’ordre du plus gros acteur du marché : elle représente près de deux fois le bilan de BOA Bénin, classée deuxième avec 966,6 milliards de FCFA. L’écart entre les deux leaders atteint 920,2 milliards de FCFA. Une telle domination, rarement observée sur un marché bancaire national, place la BIIC bien au-delà de la simple première place.
Une trajectoire remarquable en six ans
Cette position d’exception repose sur une histoire courte mais intense. La BIIC est née de la fusion-absorption de la Banque Internationale du Bénin (BIBE) par la Banque Africaine pour l’Industrie et le Commerce (BAIC), finalisée le 17 juin 2020. Dès sa création, cette opération de rapprochement a marqué un tournant : elle a permis à la nouvelle entité de changer d’échelle.
Cinq ans après sa naissance, la BIIC a franchi un nouveau cap. Le 28 avril 2025, elle a fait son entrée à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) à Cotonou, sous le symbole BICB. L’introduction en Bourse a levé 100,45 milliards de FCFA, l’opération la plus importante réalisée par une banque depuis la création de la place régionale. Plus de 10 000 investisseurs particuliers ont participé, représentant environ un quart des fonds levés. L’IPO constituait aussi la deuxième plus importante de l’histoire de la BRVM, derrière celle d’Orange Côte d’Ivoire en 2022.
À son entrée en Bourse, la BIIC affichait une capitalisation boursière de 323,45 milliards de FCFA, devenant la troisième entreprise béninoise admise à la cote.
Présence régionale et poids du crédit
La domination béninoise s’accompagne d’une reconnaissance régionale. Dans le classement des 135 banques en activité dans l’UMOA à fin 2025, la BIIC occupe la 8e place par le total bilan. Elle demeure la seule banque béninoise présente dans le Top 10 de l’Union.
Au-delà de la taille, la BIIC se distingue par son rôle de financeur. Avec environ 1 153,3 milliards de FCFA de crédits, elle se classe 6e de toute l’UMOA sur ce critère. Le volume des concours à la clientèle représente plus de 60 % de son total bilan, soulignant son ancrage dans le financement réel de l’économie.
Hiérarchie du deuxième peloton
Derrière la BIIC, le marché présente une structure à deux autres niveaux. Un deuxième groupe, entre 700 et 1 000 milliards de FCFA de bilan, réunit BOA Bénin, Coris Bank International Bénin, NSIA Banque Bénin et Ecobank Bénin.
Coris Bank International Bénin affiche 850,3 milliards de FCFA, devançant NSIA Banque Bénin de seulement 14,8 milliards (835,5 milliards). Ecobank Bénin complète ce quartet avec 720,9 milliards. Les cinq premières banques cumulent ainsi 5 260,1 milliards de FCFA de bilan, illustrant la forte concentration autour d’un premier cercle d’établissements.
Toutes les autres banques restent sous la barre des 500 milliards de FCFA. UBA Bénin et BSIC Bénin évoluent quasi à égalité, avec respectivement 467,4 et 466,5 milliards.
Un dossier en évolution : Société Générale Bénin
À la 8e place avec 337,6 milliards de FCFA de bilan, Société Générale Bénin présente une situation particulière. Le groupe français a annoncé son retrait du Bénin. Le 30 juillet 2024, Société Générale a signé avec l’État béninois un accord de cession de la totalité de sa participation de 93,43 %, opération incluant aussi sa succursale au Togo. Selon le rapport 2026 du Fonds Monétaire International consacré au Bénin, l’État a exercé son droit de préemption dans l’objectif d’assurer la transition, avant une privatisation ultérieure. La Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin (CDCB) serait chargée de porter l’opération, avec l’intention de céder la banque une fois un repreneur capable d’accompagner son développement identifié.





