La Côte d’Ivoire prépare une transformation majeure de la mobilité urbaine à Abidjan avec le lancement d’une ligne de Bus Rapid Transit (BRT) électrique reliant Yopougon à Bingerville. Ce projet d’envergure, dont les chantiers sont en cours, devrait entrer en service entre fin 2028 et début 2029.
Un axe Est-Ouest structurant pour la capitale économique
L’infrastructure s’étend sur 20 kilomètres à travers des axes routiers à fort trafic. Une fois opérationnelle, cette ligne accueillera 150 bus électriques, ce qui nécessite des investissements conséquents dans le réseau électrique pour alimenter cette flotte.
Les travaux couvrent la construction de stations, la rénovation des chaussées et l’édification de structures de franchissement. Trois ponts sont pratiquement achevés. Le chantier majeur porte sur un pont de l’Indénié, long d’un kilomètre, pour lequel les préparatifs des travaux de pieux doivent démarrer en octobre 2026, selon Claude Koffi, ingénieur chargé des opérations.
Retards et enjeux de réalisation
Le projet accuse du retard sur sa programmation initiale. Selon Ali Coulibaly, coordonnateur-adjoint du projet de mobilité urbaine d’Abidjan, les travaux atteignent environ 25 à 30 % de taux de réalisation. Les équipes visent à rattraper les retards accumulés lors de la finalisation de certaines phases.
Les défis sont multiples. Le chantier se déploie sur un axe très dense en circulation, ce qui impose une « libération des emprises » – le dégagement d’espaces occupés – et complique les travaux en environnement urbain actif. La sécurité des usagers et des travailleurs reste une priorité constante dans ce contexte.
Indemnisations et gestion des impacts sociaux
Environ 500 personnes seront affectées par la construction du terminus à Yopougon. L’équipe du projet de mobilité urbaine d’Abidjan a annoncé que les indemnisations devraient commencer prochainement, un processus crucial pour l’acceptabilité sociale du projet dans les zones concernées.
Ce BRT électrique s’inscrit dans une stratégie plus large de décarbonation des transports urbains et de fluidification des flux de passagers à Abidjan, l’une des agglomérations les plus dynamiques de l’Afrique de l’Ouest. L’enjeu dépasse la simple amélioration des délais de trajet : il s’agit d’adapter les infrastructures à la croissance démographique et économique de la métropole ivoirienne.





