Le Kigali Convention Centre est devenu, ce 13 octobre 2026, l’épicentre de la finance climat sur le continent. Le Carbon Markets Africa Summit (CMAS), organisé par VUKA Group, y réunit plus de 50 fonds d’investissement, des acheteurs de carbone et des banquiers d’affaires. Face à eux, 40 développeurs de projets venus de toute l’Afrique présentent des solutions concrètes, allant de la restauration des mangroves à l’agriculture régénérative et aux micro-réseaux ruraux.
Un nouveau rapport de force économique
L’événement marque un tournant dans la stratégie africaine face au marché du carbone. Alors que 45 nations, dont 24 pays africains, sont représentées par leurs régulateurs et capitaines d’industrie, le message est unanime : l’ère du carbone vendu au rabais est révolue. Les acteurs locaux exigent désormais que la valeur ajoutée des projets soit conservée sur le continent, tout en imposant des critères de rentabilité et de gouvernance stricts.
Cette dynamique se déroule alors que, parallèlement, l’organe de surveillance du mécanisme de l’article 6.4 de l’Accord de Paris tient sa 23e réunion à Bonn. Les participants au sommet de Kigali entendent ainsi faire valoir leurs conditions commerciales directement auprès des investisseurs internationaux.
Transparence et traçabilité : les enjeux clés
La réussite de ce marché repose sur une exigence majeure : la transparence. Juliet Kabera, directrice générale de la Rwanda Environment Management Authority (REMA), a insisté sur cette nécessité lors de l’ouverture du sommet : « Pour rassurer les bailleurs institutionnels et attirer des capitaux privés à grande échelle, le marché africain doit garantir la traçabilité de chaque crédit émis. »
Cet impératif est partagé par les experts techniques, à l’image d’Alson Soh, chef de projet chez Climate Bridge. Lors d’un panel consacré à l’articulation entre l’article 6 et le mécanisme CORSIA (Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation), il a rappelé que la viabilité financière des projets dépend avant tout de la rigueur des données fournies aux investisseurs.
En confirmant sa position de capitale de l’innovation financière, Kigali envoie un signal fort : l’Afrique se positionne désormais comme un partenaire offrant des opportunités d’investissement durables, tournant ainsi la page de la simple sollicitation d’aide au développement.





