L’agriculture de précision franchit une nouvelle étape en Algérie avec le déploiement de solutions technologiques innovantes. La start-up AirCrop, basée à Alger et fondée par Lyna Cherif, propose une plateforme qui combine l’imagerie aérienne, l’intelligence artificielle (IA) et l’usage de drones pour optimiser la gestion des exploitations agricoles.
Une approche axée sur le « Drone-as-a-Service »
Plutôt que d’imposer aux exploitants l’achat de matériels coûteux, AirCrop a adopté le modèle du « Drone-as-a-Service » (DaaS). Cette approche permet aux agriculteurs de bénéficier de prestations technologiques à la demande. Les services proposés incluent la prospection de parcelles, la cartographie haute résolution, la surveillance de l’état des cultures et la production de rapports détaillés.
Grâce à l’IA, la solution permet de détecter précocement des anomalies invisibles à l’œil nu. L’entreprise indique pouvoir identifier des signes de stress végétal, des maladies naissantes, des infestations de ravageurs, ainsi que des zones où l’irrigation est inadaptée, qu’elle soit insuffisante ou excessive.
Vers une gestion optimisée des ressources
L’un des objectifs majeurs d’AirCrop est de favoriser une agriculture plus économe. En plus de la surveillance, la start-up propose la pulvérisation ciblée de traitements. Cette méthode permet aux agriculteurs de localiser précisément les interventions, réduisant ainsi la quantité de produits appliqués sur l’ensemble des parcelles. L’offre professionnelle de l’entreprise intègre également des outils d’analyse avancée et de prévision des rendements.
Un développement en phase de déploiement
Distinguée lors de l’Agritech Challenge en 2024, la start-up cherche désormais à passer à l’échelle. Dans un entretien accordé à Agroligne en juin 2025, Lyna Cherif soulignait l’importance de tester la technologie dans des contextes agricoles variés. La fondatrice est actuellement en quête de fermes pilotes pour affiner les outils sur le terrain.
Le passage à une utilisation à grande échelle nécessite toutefois de relever plusieurs défis. La start-up travaille activement sur l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires à l’usage des drones en milieu agricole et recherche des appuis logistiques et financiers. La pertinence économique de cette solution, qui dépendra notamment du coût des prestations et de la réduction réelle des intrants, reste au cœur des enjeux de développement pour les mois à venir.



