Le laboratoire nigérian Alchymia AI, fondé par Ayomide Daniels, redéfinit les standards de l’intelligence artificielle en misant sur l’efficacité structurelle. L’entreprise, qui a débuté ses travaux sous le nom d’Immersive Research en 2016, s’est donné pour mission de concevoir des modèles capables de fonctionner avec une fraction de l’énergie et de la puissance de calcul habituellement nécessaires aux infrastructures cloud actuelles.
Une architecture repensée pour l’efficacité
Plutôt que d’optimiser les modèles existants, Alchymia AI a choisi de concevoir ses propres architectures. Le modèle Regent, en accès open source, illustre cette approche : contrairement aux systèmes de type « transformer » classiques, il conserve une empreinte mémoire fixe et n’interroge ses données qu’en cas de besoin. Cette légèreté permet une exécution locale sur du matériel grand public, s’affranchissant ainsi des clusters de serveurs hyperscale.
La précision est également au cœur du processus. Regent intègre une vérification en temps réel, évaluant sa certitude à chaque étape de la génération de texte. En cas de doute, le système ajuste son rythme pour interroger sa base de connaissances interne, une fonctionnalité jugée déterminante pour des secteurs exigeants comme la santé ou l’administration publique.
Plus récent, le modèle Darkhorse pousse cette logique d’efficience par le calcul adaptatif. Il ajuste la profondeur de son traitement en fonction de la complexité de la requête, permettant de réduire les coûts d’inférence. Selon les benchmarks internes de la société, Darkhorse diviserait par deux la consommation d’énergie par token par rapport aux standards actuels.
Vers une IA physique avec l’Alchymia Bar
Au-delà des logiciels, Alchymia AI ambitionne de faire sortir l’intelligence artificielle des écrans traditionnels. L’entreprise développe l’Alchymia Bar, un ordinateur de la taille d’un smartphone, dépourvu d’écran physique. Cet appareil utilise des faisceaux lumineux pour projeter une interface holographique, permettant aux utilisateurs d’interagir avec leurs applications et flux de travail 3D.
Ce projet s’inscrit dans une vision plus large : celle de l’« IA physique », capable d’agir directement sur son environnement via des robots ou des drones. Pour Ayomide Daniels, l’objectif est de démocratiser l’accès à une technologie de pointe, indépendamment des infrastructures locales ou du niveau de richesse des utilisateurs.
Ayomia AI, qui a bénéficié de 2,3 millions de dollars de capital non dilutif sur les cinq dernières années, prévoit une commercialisation de l’Alchymia Bar pour 2027. Ce dispositif se veut un outil complémentaire, conçu pour offrir une puissance de calcul locale aux régions où l’accès aux data centers est limité.


