La fintech panafricaine Onafriq a annoncé une évolution majeure de ses opérations au Nigeria. Le groupe met fin aux activités de sa division d’agent banking, exploitée sous la marque Baxi, pour se concentrer sur son cœur de métier : les paiements transfrontaliers.
Un recentrage stratégique
Acquise en 2021 via le rachat de Capricorn Digital Limited, la marque Baxi représentait un investissement important pour Onafriq, visant à renforcer l’inclusion financière par le déploiement d’un vaste réseau de points de service physiques. Cependant, le contexte économique nigérian a profondément muté depuis 2024. La dépréciation du naira et une inflation marquée ont pesé sur les coûts opérationnels, tandis que l’adoption croissante des virements bancaires instantanés a réduit l’usage des terminaux de paiement (POS) pour les transactions en espèces.
Face à une concurrence accrue et des marges sous pression, la direction a conclu que le modèle d’agence physique ne s’alignait plus avec ses objectifs de croissance à long terme. Dare Okoudjou, fondateur et directeur général d’Onafriq, a qualifié cette décision de « difficile », soulignant l’impact humain sur les équipes, les agents et les partenaires qui ont contribué au développement du réseau.
Accompagnement et continuité
Le groupe a mis en place un dispositif pour encadrer cette transition. Les agents du réseau Baxi sont orientés vers d’autres institutions bancaires, et une période de 30 jours est accordée aux clients pour le transfert de leurs fonds. Concernant les collaborateurs affectés par cette fermeture, Onafriq a engagé un processus de consultation et d’accompagnement.
Le Nigeria reste un marché clé
Malgré l’arrêt de l’activité d’agent banking, Onafriq maintient une présence active au Nigeria. Le groupe continue d’opérer grâce à sa licence de prestataire de services de paiement (PSSP) et à son infrastructure dédiée à l’émission de cartes. En s’allégeant des opérations POS, gourmandes en capital, l’entreprise entend mobiliser ses ressources pour connecter les systèmes de paiement domestiques à son réseau transfrontalier, qui couvre désormais l’Afrique et au-delà.


