Le paysage cinématographique guinéen s’apprête à franchir une étape décisive. Du 19 au 21 novembre 2026, Conakry accueillera une initiative inédite : la fusion des forces entre le Salon du Cinéma Guinéen, qui tiendra sa 6ᵉ édition, et les FIF Awards, pour leur 4ᵉ édition. Ce rapprochement, officialisé le 16 octobre au Centre culturel franco-guinéen (CCFG), vise à transformer les efforts isolés en une dynamique collective structurante.
Bâtir une industrie souveraine
Sous le thème « bâtir l’industrie du cinéma en Guinée : souveraineté culturelle, infrastructures et financement », cet événement porté par Phoenix Vision et la Société Générale du Cinéma et Musique ambitionne de professionnaliser le secteur. Pour Oumar Kourouma, coordinateur général du Salon du Cinéma Guinéen, l’objectif est clair : faire de la Guinée une destination privilégiée pour les cinéastes africains et internationaux. « C’est bâtir une industrie cinématographique en Guinée, et parler d’identité culturelle, de financements, mais aussi d’infrastructures », explique-t-il.
Abdoulaye Traoré, président de l’Association nationale du cinéma et de la musique et responsable des FIF Awards, insiste sur la nécessité de cette solidarité. Selon lui, le progrès du cinéma national repose sur la capacité des professionnels à collaborer étroitement, à l’image d’une famille unie par le travail.
Patrimoine et développement local
La programmation accorde une place centrale à la préservation de la mémoire culturelle. Une table ronde dédiée à la restauration du patrimoine cinématographique ouvrira les festivités, mettant en lumière le travail effectué sur le film Et vint la liberté. Au-delà de cet héritage, le rendez-vous propose un espace d’échanges riche : conférences, panels, projections-débats, marchés de films et sessions de pitchs permettront de créer des passerelles concrètes entre producteurs et porteurs de projets.
Cette édition innove également en mettant Kindia à l’honneur. Ce choix symbolique vise à décentraliser les activités cinématographiques. Oumar Kourouma souligne l’importance de s’appuyer sur l’écosystème local de cette ville pionnière, qui a vu naître des figures emblématiques du cinéma populaire guinéen. À terme, les organisateurs espèrent étendre ce modèle à d’autres régions comme Labé, N’zérékoré ou Mamou.
Un tremplin pour les talents
Le volet formation constitue un pilier essentiel de cette union. Mohamed Damas Soumah, président de la Fédération nationale des comédiens et cinéastes de Guinée, souligne que les masterclasses et panels organisés lors de ces festivals préparent directement les techniciens et acteurs aux exigences des productions professionnelles. En mutualisant leurs ressources, ces deux rendez-vous majeurs entendent offrir aux professionnels guinéens un cadre propice à l’apprentissage, au réseautage et, in fine, à la concrétisation de nouveaux projets cinématographiques.
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