La startup nigériane Terra Industries, spécialisée dans les technologies de défense, vient de franchir une étape clé de son développement. L’entreprise a annoncé une extension de son tour d’amorçage à hauteur de 22 millions de dollars, portant son financement total cumulé à 34 millions de dollars depuis sa création en 2024.
Diversification des investissements technologiques
Fondée par Nathan Nwachuku et Maxwell Maduka, la société conçoit des systèmes de sécurité autonomes et des drones destinés à la protection des infrastructures critiques. Cette opération financière, menée par Lux Capital, marque un tournant dans l’écosystème entrepreneurial nigérian. Si le capital étranger a longtemps été concentré sur le secteur de la fintech, à l’instar des trajectoires observées par Flutterwave ou Paystack, l’intérêt des investisseurs internationaux s’élargit désormais vers des domaines tels que la défense et la sécurité.
Le tour de table bénéficie également de la participation de 8VC, société d’investissement cofondée par Joe Lonsdale, également cofondateur de Palantir. Alex Moore, associé chez 8VC, siège d’ailleurs au conseil d’administration de Terra Industries.
Un écosystème en mutation
Cette levée de fonds s’inscrit dans un contexte où le financement en actions au Nigéria a connu un recul en 2025. Selon le rapport de Partech sur le capital-risque en Afrique, les startups nigérianes ont attiré 412 millions de dollars sur 83 opérations cette année-là, marquant une baisse de 21 % en valeur par rapport à 2024.
L’opération de Terra Industries se distingue par une approche hybride, mêlant capitaux internationaux et locaux. Le financement associe 8VC et Lux Capital à Resilience17, un véhicule d’investissement dirigé par Olugbenga « GB » Agboola, directeur général de Flutterwave. Cette configuration illustre la volonté croissante d’intégrer des acteurs africains dans le financement de projets technologiques stratégiques.
Alors que la part des engagements des investisseurs africains dans les fonds de capital-risque a atteint 45 % en 2025 selon l’African Private Capital Association, la question de la souveraineté technologique reste au cœur des débats. Pour les entrepreneurs, l’enjeu est de bâtir un socle d’investisseurs capables d’accompagner durablement des secteurs complexes, tout en préservant l’autonomie stratégique des entreprises locales face aux marchés de capitaux mondiaux.


