Le Maghreb s’impose progressivement comme une zone d’intérêt majeur pour les géants industriels européens. Des Pays-Bas au Portugal, en passant par l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et la France, de nombreux acteurs multiplient les initiatives pour s’implanter dans la future chaîne de valeur de l’hydrogène vert, souvent qualifié de « carburant du futur ».
Une dynamique régionale en phase de structuration
Ces dernières années, une dizaine d’annonces ont été enregistrées à Rabat, Alger et Tunis. L’objectif commun affiché par ces pays est de parvenir à une production à grande échelle de cette énergie décarbonée. Pour l’Union européenne, le développement de ces capacités de production sur le continent africain représente une priorité stratégique dans le cadre de la décarbonation de son industrie.
Malgré l’intérêt marqué des investisseurs et les promesses de développement économique, les projets peinent encore à franchir l’étape du déploiement opérationnel. Le secteur fait face à un défi de concrétisation, alors que les enjeux financiers se chiffrent en milliards d’euros.
Le rôle des acteurs locaux
Parmi les initiatives notables, le groupe OCP, dirigé par Mostafa Terrab, illustre cette volonté de diversification industrielle au Maroc. Le groupe, déjà leader mondial dans le secteur des engrais phosphatés, a engagé des chantiers stratégiques, dont le projet de pipeline Jorf Lasfar-Khouribga (J2K). Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie globale de transformation industrielle, bien que la multiplication des projets soulève des interrogations sur la capacité de déploiement simultané des infrastructures.
Un contexte de transition énergétique
La course à l’hydrogène vert s’inscrit dans un paysage maghrébin marqué par des défis environnementaux structurels, notamment le stress hydrique. La gestion de l’eau est devenue une priorité nationale, poussant les pays de la région à intensifier leurs projets de dessalement de l’eau de mer. Cette dynamique, couplée aux ambitions énergétiques, dessine les contours d’une transformation industrielle profonde pour le Maghreb, où la maîtrise des ressources et l’innovation technologique deviennent les nouveaux piliers de la croissance économique.





