Le secteur de l’énergie solaire au Nigéria franchit une nouvelle étape de structuration. La société Synafare, spécialisée dans la chaîne d’approvisionnement et le financement des énergies renouvelables, a annoncé un programme ambitieux visant à accompagner 100 marchands du secteur. Ce dispositif propose des crédits pouvant atteindre 100 millions de nairas (₦) par bénéficiaire pour soutenir leur croissance opérationnelle.
Un écosystème de financement et d’approvisionnement
Présenté lors de la seconde édition du Solar Roundtable à Lagos, ce programme répond à un défi majeur du marché nigérian : le besoin de trésorerie pour l’achat de matériel face aux exigences strictes des institutions financières. Tobi Esho, directeur général et cofondateur de Synafare, souligne que l’entreprise agit comme un pont entre les fabricants, les distributeurs et les installateurs. L’objectif est de fournir non seulement du capital, mais aussi un accès à des équipements authentiques à des tarifs négociés.
Pour faciliter l’accès au crédit, Synafare a mis en place un modèle qui rassure les prêteurs en exigeant de la structure et une activité prévisible de la part des entreprises candidates. Lors du lancement, deux marchands ont déjà bénéficié de ce dispositif pour un montant cumulé de 170 millions de nairas. Le financement accordé varie entre 10 millions et 100 millions de nairas, selon le chiffre d’affaires de l’entreprise.
Au-delà du crédit : formation et montée en gamme
Le programme intègre également une dimension logistique et tarifaire. Afin d’optimiser les marges des marchands, Synafare a négocié des prix préférentiels avec ses partenaires distributeurs. Par ailleurs, le taux de financement mensuel, habituellement compris entre 4 % et 5 %, a été abaissé à 3,5 % dans le cadre de cette initiative.
Synafare, qui revendique l’accompagnement de plus de 2 000 entreprises, insiste sur la nécessité pour les acteurs du solaire de renforcer leurs compétences techniques et managériales. Lors des échanges, des experts du secteur, tels que Babafemi Isaac de Kommercial Solar Limited et Chinwe Udo Davies d’Instoller, ont rappelé que la croissance durable repose sur l’investissement dans la formation des équipes, l’utilisation d’outils numériques et une gestion rigoureuse des projets.
Pour les entreprises solaires nigérianes, l’enjeu est désormais de transformer cet accès facilité au matériel et au capital en une capacité accrue à répondre à des projets de plus grande envergure, répondant ainsi à la demande croissante d’alternatives à un approvisionnement électrique instable.



