Le secteur minier malgache franchit une nouvelle étape stratégique. Le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, Jacob Helberg, a officialisé un engagement financier visant à soutenir l’extraction de terres rares dans la région d’Ampasindava, située au nord-ouest de Madagascar.
Un investissement pour l’innovation technologique
Ce projet bénéficie d’un premier financement de 4,8 millions de dollars, octroyé par la Société américaine de financement du développement international (DFC). Ces fonds sont destinés à l’entreprise britannique Harena Rare Earths, qui a obtenu, le 8 octobre dernier, le permis d’exploitation du site auprès des autorités malgaches.
L’enveloppe financière doit permettre de structurer les phases préparatoires du projet, notamment la réalisation d’études environnementales et sociales. Elle servira également à la mise en place d’une unité pilote et d’un laboratoire d’analyse. L’objectif affiché par les parties prenantes est une mise en exploitation effective du site à l’horizon fin 2028.
Un enjeu de diversification industrielle
Le gisement d’Ampasindava est estimé à 699 millions de tonnes d’argiles ioniques. Ces ressources sont particulièrement prisées pour la production d’aimants, des composants essentiels à de nombreuses technologies modernes. Pour Washington, cet investissement s’inscrit dans une volonté de diversifier ses chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, un secteur actuellement dominé par la Chine au niveau mondial.
La présence américaine dans le paysage minier malgache se renforce ainsi, après l’implication de l’entreprise Energy Fuels dans le projet Vara Mada, situé dans la région de Tuléar.
Le défi de l’acceptabilité sociale
Le développement du site d’Ampasindava s’inscrit dans un contexte historique complexe. Depuis le début des années 2000, les tentatives d’exploration minière sur cette zone ont régulièrement suscité des contestations de la part des communautés locales. Ces dernières expriment des préoccupations récurrentes concernant les impacts potentiels de l’exploitation sur l’environnement et la santé publique.
La réussite de ce nouveau projet dépendra en grande partie de la capacité des acteurs à répondre à ces enjeux de durabilité et à intégrer les attentes des populations riveraines dans le processus de développement industriel.





