Le rapport annuel 2025 de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) consacre le Bénin comme leader incontesté de l’inclusion financière au sein de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA). Pour la première fois, un pays parvient à se hisser au premier rang sur l’ensemble des six indicateurs de performance retenus par l’institution.
Une performance globale inédite
Le Bénin se distingue par une maîtrise équilibrée de ses indicateurs, neutralisant ainsi les avantages liés à la taille démographique ou géographique. L’indice synthétique, qui agrège les dimensions d’accès, d’usage et de disponibilité des services financiers, place le pays à un score de 0,667.
Sur le plan de l’accès, le pays affiche une densité remarquable avec 540 points de service pour 100 000 habitants et un maillage territorial de 3 836 points de service par millier de kilomètres carrés. Cette infrastructure soutient des taux d’utilisation élevés :
- Bancarisation stricte : 39,8 % (comptes et dépôts bancaires).
- Bancarisation élargie : 91,7 % (incluant microfinance et services postaux).
- Taux d’inclusion financière global : 92,8 %.
Dynamiques régionales et le levier du mobile money
Le rapport de la BCEAO souligne également une recomposition du paysage financier régional. Si le Bénin occupe la première place, d’autres nations progressent significativement. Le Niger enregistre la plus forte progression de l’Union, portée par l’essor du mobile money. Cette technologie permet aux opérateurs télécoms de pallier l’absence ou le coût élevé des agences bancaires traditionnelles en s’appuyant sur des réseaux d’agents de proximité.
L’analyse de la BCEAO met en lumière une tendance structurelle pour l’ensemble de la zone : le recours aux infrastructures numériques devient un levier incontournable pour étendre les services financiers là où le modèle bancaire classique rencontre des limites géographiques ou économiques. Si le Niger affiche une dynamique réelle, le rapport note toutefois que le socle de cette inclusion reste encore fragile au regard des volumes globaux.
Enfin, le classement témoigne d’une évolution constante au sein de l’UEMOA, avec des changements de positions notables, notamment la Guinée-Bissau qui devance désormais le Mali, et la Côte d’Ivoire qui se place devant le Togo.




