Dans l’est du Cameroun, particulièrement dans le département du Lom et Djérem au nord de la région de l’Est, frontalière avec la République centrafricaine, les agriculteurs s’inquiètent du retard des grandes pluies. Ces précipitations sont essentielles au succès des semis et au rendement des cultures.
Au village Abbo-Boutila, situé à proximité de la frontière, Barrault Souley-li cultive du manioc et redoute l’impact de ce délai. « Ce n’était pas comme ça avant. Il nous faut des grandes pluies parce que dans deux mois, ce sera la saison sèche. Sans ça, ce qu’on a déjà semé ne va pas bien produire », explique-t-il. Doudou, une agricultrice mère de trois enfants, partage la même préoccupation. Elle envisage de cultiver du gombo, du maïs et du melon, mais craint que l’insuffisance d’eau compromise son projet. « Je n’ai pas fait un grand champ, mais il faut beaucoup de pluies pour que je sème le gombo, le maïs et le melon. »
L’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC) du Cameroun tempère cependant ces craintes. Selon l’institution, les précipitations devraient arriver dans le courant de la semaine suivant le 23 août 2026, date de cette inquiétude. À plus long terme, de fortes précipitations sont annoncées jusqu’en novembre.
Marie Laure Keyeta, experte en climatologie à l’ONACC, précise les attentes : « Les quantités de pluies annoncées dans notre calendrier agricole seront favorables à la croissance des plantes dans la région de l’Est Cameroun. Il est annoncé du mois d’août à novembre un cumul d’environs 500 millimètres cubes. »
Cependant, l’ONACC reconnaît que le secteur agricole camerounais sera fortement impacté par les effets néfastes des changements climatiques cette année. Cette volatilité climatique accrue constitue un défi majeur pour les petits exploitants de la région, dont la subsistance dépend entièrement du calendrier pluviométrique.
Le retard des pluies soulève des questions plus larges sur l’adaptation de l’agriculture camerounaise à une variabilité climatique croissante. Tandis que l’ONACC prévoit un rattrapage dans les semaines à venir, les agriculteurs de terrain demeurent en attente, conscients que le succès de leurs récoltes repose sur le respect du calendrier naturel.





