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Économie

La BEI augmente son engagement en Afrique face à la concurrence géopolitique

Avec 3 milliards d'euros investis en Afrique en 2025, dont 2 en Afrique subsaharienne, la Banque européenne d'investissement renforce sa présence face aux financeurs chinois et golfiés. Des projets comme les navettes électriques de Lagos illustrent son approche combinant climat et impact économique.

La BEI augmente son engagement en Afrique face à la concurrence géopolitique

La Banque européenne d’investissement (BEI) maintient son cap en Afrique avec 3 milliards d’euros d’investissements en 2025, dont 2 milliards dédiés à l’Afrique subsaharienne. Ce volume, stable par rapport aux trois années précédentes, reflète une volonté de présence continue malgré un contexte mondial de baisse structurelle de l’aide au développement.

La BEI recalibre toutefois sa stratégie en intégrant une dimension géopolitique nouvelle. Face à la montée en puissance des investissements chinois et des fonds souverains du Golfe sur le continent, l’institution européenne fait du financement africain un levier d’influence économique et politique.

Des projets concrets au service du climat et de l’économie

Ce repositionnement s’illustre par des initiatives ciblées qui combinent enjeux climatiques et retombées économiques. À Lagos, au Nigeria, la BEI finance à hauteur de 170 millions d’euros le projet Omi Eko, un système de navettes électriques destiné à réduire la congestion du trafic dans cette métropole densément peuplée.

Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, présente cette intervention comme doublement bénéfique : elle contribue à la lutte contre le changement climatique tout en générant des gains économiques directs pour la ville et ses habitants. Cette approche illustre la stratégie de la BEI : des projets d’infrastructure verte créant de la valeur économique locale.

Un positionnement dans un jeu de rivalités accentuées

L’engagement stable de la BEI en Afrique s’inscrit dans un contexte d’intensification de la concurrence pour l’influence économique. La Chine, par ses initiatives d’infrastructure massive, et les fonds du Golfe, par des investissements sectoriels croissants, redessinent le paysage du financement africain. La BEI, institution multilatérale européenne, cherche à préserver et renforcer sa part en ciblant des secteurs stratégiques : énergies renouvelables, mobilité urbaine, infrastructures de connectivité.

La stabilité du volume investi masque ainsi une évolution qualitative. La BEI adapte son portefeuille et ses critères de sélection pour maximiser l’impact géopolitique et économique de ses financements, en particulier dans des zones clés comme l’Afrique subsaharienne.

Au-delà des chiffres, une recalibration des priorités

La moyenne annuelle de 3 milliards d’euros peut sembler modeste comparée aux montants déployés par certains acteurs chinois ou golfiés. Elle acquiert cependant du poids dès lors que la BEI, institution de référence pour la finance de développement, l’alloue selon des standards de transparence, de gouvernance et de durabilité. Cet ancrage normatif devient un atout dans un contexte où les pays africains évaluent le coût réel et caché de chaque source de financement.

La BEI affronte donc un double défi : maintenir une présence et une crédibilité en Afrique dans un environnement de financement très concurrentiel, tout en répondant aux attentes européennes de retour d’influence. Les 3 milliards de 2025 représentent la traduction chiffrée de cette ambition : une présence durable et stratégiquement positionnée.

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La rédaction de Fameen News

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