Asna incarne une électronique singulière : celle qui épouse à la fois la puissance de la transe et les vibrations du continent. La DJette originaire de Côte-d’Ivoire sillonne les scènes internationales, portée par une musique qui noue techno et groove africain en une expérience sensorielle unique.
Fin juillet, elle s’est produite au festival Les Escales de Saint-Nazaire, en France. Accompagnée de deux danseurs sur scène et dissimulée derrière un masque richement orné de cauris, elle a offert au public une immersion dans son univers sonore.
Une enfance au cœur de la forêt
Les racines musicales d’Asna plongent dans sa jeunesse en Côte-d’Ivoire. Enfant, elle a grandi dans la région de Guiglo, où la nature occupe tout l’espace. Elle se souvient de ces trajets en voiture familiale sur les routes ivoiriennes, écoutant les K7 de musiciens locaux comme John Yalley, figure emblématique d’un rock teinté d’ivoirité. « On allait une fois par mois chez le disquaire acheter les nouvelles sorties », raconte-t-elle. C’est dans cette atmosphère que le virus de la musique s’est propagé.
Ces années d’enfance au sein de la nature sauvage ont profondément marqué son approche artistique. Pieds nus dans la forêt, elle a côtoyé une faune riche et diversifiée. Cette connexion viscérale avec l’environnement naturel a façonné son esthétique musicale : les sons de la nature s’entrelacent désormais avec la pulsation électronique au cœur de ses productions.
Du graphisme à la musique
Asna a poursuivi ses études supérieures en quittant la Côte-d’Ivoire, avec des passages à Abidjan, Dakar et Rabat. Elle a obtenu un diplôme de graphiste, une formation éloignée de la scène musicale. À son retour au pays, la musique n’était pas le chemin tracé. Pourtant, un premier concert l’a mis face à lui-même. Malgré une prestation qu’elle juge mitigée, elle a continué à jouer et à mixer. Graduellement, elle s’est écoutée, happée par le son et sa vibration propre.
Une quête de pureté musicale
Pour Asna, la musique est bien plus qu’un art : c’est une entité vivante qui demande à être entendue. « La musique, c’est un esprit, c’est quelque chose de vivant en fait. La musique, elle est là », affirme-t-elle. Une fois qu’elle appelle l’artiste, il devient très difficile de s’en détacher.
Sur scène comme dans la vie, Asna poursuit une quête singulière : celle d’une justesse authentique avec son art. Elle incarne une transmission, une transe portée par sa musique comme unique arme et guide. Sa prière est simple mais fondamentale : que les cœurs et les esprits du public soient disposés à recevoir son expérience, et que cette connexion lui permette de s’améliorer continuellement. « Je prie pour que ces cœurs et ces esprits-là puissent toujours être là et que je sois juste avec la musique », conclut-elle.
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