La Communications Authority of Kenya (CA) a lancé une consultation publique concernant son projet de « Satellite Frequency Licensing Framework, 2026 ». Ce document technique, ouvert aux contributions jusqu’au 6 novembre 2026, définit les nouvelles modalités d’autorisation et d’utilisation du spectre électromagnétique pour les services par satellite dans le pays.
Un enjeu de concurrence équitable
Bien que le texte ne cite aucune entreprise nommément, il cristallise une attente de longue date des opérateurs de téléphonie mobile. Ces derniers, avec Safaricom en tête, plaident pour une harmonisation des obligations entre les acteurs du secteur. Le cœur du débat porte sur la redevance d’accès au spectre : les opérateurs terrestres, qui investissent massivement dans les infrastructures physiques et les licences, estiment que les fournisseurs d’accès par satellite bénéficient d’un avantage compétitif injuste en ne supportant pas les mêmes charges financières.
Le régulateur kényan se trouve ainsi face à un arbitrage complexe. Il doit déterminer si les exigences imposées aux nouveaux entrants sont « proportionnées » à la réalité de leur modèle économique, tout en gérant la rareté du spectre, une ressource publique limitée qui, si elle est allouée aux constellations satellitaires, ne pourra être utilisée par les réseaux terrestres.
L’équilibre entre fiscalité et connectivité
La question de la tarification du spectre dépasse le cadre d’une simple querelle commerciale. Les opérateurs mobiles investissent actuellement des sommes importantes pour déployer la 5G et étendre la fibre optique, à l’instar d’Airtel Africa ou de MTN Ghana dans la sous-région. Pour ces entreprises, la clarté fiscale est un préalable indispensable à leurs futurs investissements.
Toutefois, une hausse des redevances pour les opérateurs satellites pourrait entraîner une répercussion sur les tarifs des abonnements. Cette situation soulève une interrogation majeure sur l’élasticité du marché : quel est le niveau de prix acceptable pour les usagers des zones rurales, souvent les premiers bénéficiaires de cette technologie ?
Le dénouement de cette consultation à Nairobi est scruté par plusieurs régulateurs africains. Le cadre qui sera adopté servira de référence pour la gestion des constellations en orbite basse sur le continent, où la demande de connectivité reste forte mais où les modèles de financement des infrastructures rurales demeurent fragiles.


