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Afrique de l'Ouest

Intron : la startup nigériane qui donne une voix à l’IA africaine

La startup nigériane Intron développe des modèles d'IA vocale capables de comprendre les accents et langues africaines, optimisant ainsi les services de santé et de justice.

Intron : la startup nigériane qui donne une voix à l’IA africaine

Dans le paysage technologique actuel, les modèles d’intelligence artificielle peinent souvent à transcrire fidèlement les nuances linguistiques du continent africain. Face à ce constat, la startup nigériane Intron a développé une infrastructure spécialisée pour combler ce fossé numérique. En se concentrant sur la reconnaissance vocale adaptée aux accents locaux et au multilinguisme, l’entreprise ambitionne de transformer les usages dans des secteurs clés comme la santé, la finance et la justice.

Une réponse aux contraintes administratives

L’aventure Intron est née d’un besoin concret observé par Tobi Olatunji, médecin et expert en traitement du langage naturel. En 2022, une étude menée par la startup auprès de praticiens nigérians a mis en lumière une contrainte majeure : une vitesse de frappe limitée à 22 mots par minute. Dans un système de santé où les médecins traitent quotidiennement entre 50 et 70 patients, la saisie manuelle des dossiers médicaux représente un frein important à l’efficacité. L’idée initiale de numérisation des dossiers a rapidement évolué vers une solution de dictée vocale, plus intuitive pour les professionnels de santé.

Une infrastructure pour la diversité linguistique

Le défi technique est de taille. Comme l’explique Temitope Ekundayo, porte-parole de l’entreprise, les modèles d’IA standards échouent souvent face au pidgin nigérian, aux alternances entre anglais et langues locales comme le yoruba, ou encore aux spécificités des accents africains. Pour pallier ces lacunes, Intron a conçu ses propres modèles, baptisés Sahara.

La dernière version, Sahara v2.5, marque une étape importante avec l’introduction de modèles capables de gérer le kinyarwanda, l’anglais et le français au sein d’une même conversation. Cette technologie permet désormais de transcrire des échanges fluides où les locuteurs passent d’une langue à l’autre sans rupture.

Un écosystème de données propriétaire

La performance d’un modèle vocal repose sur la qualité de ses données d’entraînement. Développer une solution pour une langue peut représenter un investissement dépassant les 100 000 dollars, incluant la collecte, la transcription et l’annotation rigoureuse des enregistrements. Pour constituer cette base, Intron s’appuie sur « Zara Contribute », une plateforme collaborative qui rassemble plus de 70 000 contributeurs.

L’entreprise privilégie les langues à forte demande, notamment l’afrikaans, le swahili, le haoussa, l’igbo et le yoruba. Cette approche rigoureuse séduit déjà des acteurs majeurs tels que Helium Health, Mobi Health, eHealth Africa, ainsi que la magistrature de l’État d’Ogun.

Flexibilité et déploiement

Consciente des réalités locales, Intron adapte ses méthodes de déploiement. Pour les clients ne pouvant intégrer des interfaces de programmation classiques, la startup propose des solutions via le trunking SIP ou des environnements adaptés à WhatsApp. Avec une tarification basée sur des crédits ou des arrangements sur mesure, Intron cherche à rendre l’innovation accessible tout en relevant le défi de la protection des données sensibles, un impératif pour ses clients institutionnels et privés.

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La rédaction de Fameen News

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