À Lagos, l’écosystème technologique explore une nouvelle manière de tisser des liens. Le club social SlowCo a lancé « Paddle Pals » et une série de soirées privées destinées aux entrepreneurs et opérateurs du secteur, avec une règle d’or : bannir le networking traditionnel.
Sortir de la culture du pitch
Le concept, porté par le directeur général de SlowCo, Victor Onwe, repose sur une volonté de déconnexion. Lors de ces événements, aucune carte de visite n’est échangée et les questions habituelles sur l’activité professionnelle sont proscrites. L’objectif est de créer un espace où les participants ne viennent ni chercher un investisseur, ni démarcher un client, mais simplement partager un moment de convivialité.
Cette initiative répond à un constat sociologique : à Lagos, les lieux de sociabilité se transforment souvent en espaces de travail. Les cafés servent de bureaux et les dîners deviennent des réunions de stratégie. En proposant ce « troisième lieu », SlowCo cherche à offrir une parenthèse aux dirigeants, dans un contexte où la pression liée à la gestion d’entreprise est forte. Une étude de Flourish Ventures, publiée en novembre 2024, soulignait en effet que 86 % des fondateurs interrogés dans treize pays africains ont fait face à des difficultés de santé mentale, incluant stress et épuisement professionnel.
Une dynamique de groupe renouvelée
L’idée de SlowCo a émergé d’un échange sur le réseau social X, initié par Wale Yinka, patron de Nomba, autour de la pratique des sports de raquette. Rapidement rejoint par des figures comme Josh Chibueze (PiggyVest), Victor Fatanmi (Fourth Canvas) et Aubrey Niederhoffer (Swoop), le projet s’est structuré pour proposer des expériences concrètes :
- Paddle Pals : Lancé le 11 septembre sur les courts de Padel X, ce rendez-vous privilégie le tirage au sort des binômes. Cette méthode permet de mélanger les profils, plaçant un développeur junior et un dirigeant expérimenté sur un pied d’égalité, loin de la hiérarchie des salles de conseil.
- Soirées privées : Lors de l’événement du 25 septembre, une quarantaine d’invités ont participé à un marché éphémère de produits personnels, suivi de « Founder Games ». Ces jeux de société et moments d’échange informels ont permis aux participants de partager des facettes de leur personnalité souvent invisibles sur les réseaux professionnels.
Un modèle en phase d’expérimentation
Si ces rencontres favorisent naturellement des échanges de qualité, SlowCo souhaite désormais structurer son offre. L’ambition est de déployer une plateforme d’adhésion proposant des expériences bimensuelles axées sur le sport, la culture, la gastronomie et le bien-être. Bien que la viabilité commerciale de ce modèle reste à confirmer, le club social mise sur une approche inversée : privilégier la relation humaine avant toute considération d’affaires.



