Le paysage littéraire africain est actuellement le théâtre d’un débat nourri autour de l’usage de l’intelligence artificielle dans la création. Simbarashe Kundizeza, écrivain zimbabwéen et lauréat du Prix Caine 2026, se retrouve au centre d’une controverse après que des doutes ont été émis sur l’origine de son texte primé, The Blue Fighter.
Une distinction contestée
Au début du mois d’octobre 2026, le comité du Prix Caine a décerné sa prestigieuse récompense à Simbarashe Kundizeza pour cette nouvelle explorant les thématiques de la paternité, de l’ambition et des réalités économiques. Ce prix, qui honore chaque année la meilleure nouvelle anglophone écrite par un auteur africain, est assorti d’une dotation de 10 000 livres sterling.
Peu après cette annonce, le magazine The Atlantic a publié une enquête mettant en cause l’authenticité du manuscrit. En s’appuyant sur le logiciel Pangram, un outil de détection basé sur l’intelligence artificielle, la publication a affirmé que le texte aurait été généré quasi intégralement par une IA. Parallèlement, l’enquête souligne une évolution stylistique marquée par rapport aux écrits antérieurs de l’auteur.
La défense de l’auteur et les réactions du secteur
Face à ces allégations, Simbarashe Kundizeza a fermement réfuté toute intervention technologique dans son processus créatif, déclarant sur les réseaux sociaux : « C’est entièrement mon œuvre ».
De son côté, le comité du Prix Caine a pris acte de la situation. Dans une déclaration officielle, l’organisation a souligné qu’il était de sa responsabilité d’examiner ces accusations avec rigueur, tout en insistant sur la nécessité d’accompagner l’auteur tout au long de cette procédure d’examen.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de suspicion technologique touchant plusieurs prix littéraires internationaux, incluant les cas récents de l’écrivain trinidadien Jamir Nazir ou du romancier canado-haïtien Thélyson Orélien. Ces événements ont suscité une vive réaction au sein de la communauté littéraire africaine. Des personnalités telles que l’écrivaine Sue Nyathi et le poète nigérian Romeo Oriogun ont pris la défense de Simbarashe Kundizeza. Ils rappellent que l’évolution du style d’un écrivain est un processus naturel et expriment leur préoccupation face à la récurrence de telles accusations visant spécifiquement les auteurs noirs.



