À l’occasion des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar 2026, la baie de Ngor est devenue le théâtre d’une démonstration de surf d’envergure continentale. Huit surfeurs venus d’Afrique du Sud, d’Angola, du Liberia, du Mozambique et du Ghana se sont réunis sur ce spot historique pour illustrer la vitalité de la discipline sur le continent.
Une vitrine pour le surf africain
Pour René Pierre Laraise, directeur technique de la fédération sénégalaise de surf, cet événement est une opportunité de « montrer au monde entier comment l’Afrique surfe ». Le choix de la vague de Ngor, célèbre pour son apparition dans le film The Endless Summer, souligne l’ancrage profond de ce sport au Sénégal, pratiqué sur ce site depuis 1966.
Bien que le surf soit présent lors de ces JOJ en tant que sport d’engagement, il ne figure pas parmi les 25 disciplines officielles en compétition. Une absence regrettée par les acteurs du milieu, à l’image de l’ancien champion français Michel Bourez, qui estime que les jeunes locaux auraient pu tirer profit de leur parfaite connaissance du terrain pour viser des médailles.
Une génération en quête de professionnalisation
Sur les rochers de Ngor, la relève observe le spectacle avec détermination. Assane Guèye, 16 ans, et Mame Seydi Mbengue, 15 ans, nourrissent des ambitions professionnelles, inspirés par des figures internationales comme Gabriel Medina ou Yago Dora. Toutefois, ces jeunes talents pointent des freins structurels : le manque de matériel et de sponsors limite leur capacité à s’entraîner pour rivaliser avec l’élite mondiale.
Tidiane Ndour, ancien footballeur professionnel, souligne l’engouement précoce des enfants pour la discipline, tout en alertant sur la nécessité d’un meilleur encadrement pour concilier scolarité et pratique sportive. De son côté, Marc, sculpteur installé à Ngor, note une évolution majeure : la démocratisation du surf. « Les enfants les regardent avec les yeux qui brillent ; les parents, autrefois plus réticents, perçoivent désormais des opportunités dans ce sport », explique-t-il.
Le défi de l’intégration olympique
Chérif Fall, neuf fois champion du Sénégal, salue le niveau technique des jeunes surfeurs et surfeuses. Il regrette néanmoins que l’absence d’épreuve officielle aux JOJ prive cette génération d’une plateforme de confrontation internationale essentielle à leur progression. Si le surf reste encore concentré sur des sites comme Ngor et Ouakam, la passion des jeunes athlètes sénégalais témoigne d’un potentiel en pleine expansion, porté par des modèles locaux qui ouvrent la voie vers le professionnalisme.



