Le secteur avicole camerounais se retrouve au cœur d’un débat après la publication d’une étude menée par une équipe scientifique de l’Université Yaoundé 1. Ces travaux ont mis en évidence la présence de mycotoxines, de résidus d’antibiotiques et de métaux lourds dans certains échantillons de poulets et d’œufs destinés à la consommation.
Une filière pilier de l’économie
Face à ces résultats, François Djonou, président de l’Association interprofessionnelle avicole (Ipavic), a tenu à apporter des nuances. Il souligne l’importance stratégique de ce secteur pour le pays, qui génère 380 000 emplois directs et contribue à hauteur de 4 % au Produit Intérieur Brut (PIB) national. Le responsable craint qu’une interprétation hâtive des données scientifiques ne nuise injustement à cette activité économique majeure.
La question des seuils de conformité
Le président de l’Ipavic rappelle que l’étude repose sur des prélèvements effectués sur un échantillon limité, à comparer avec une production annuelle nationale estimée à 102 millions de poulets et 3 milliards d’œufs de table, répartis entre les bassins d’élevage du Centre, de l’Ouest et du Littoral.
Sur la présence de substances pointées du doigt, François Djonou apporte des précisions techniques : « Pour qu’il y ait un risque d’être malade, il faut bien que le seuil de contamination soit dépassé, ensuite qu’on soit exposé pendant un certain temps ». Il ajoute que des traces d’éléments métalliques sont présentes naturellement dans de nombreux produits alimentaires.
Renforcer la surveillance sanitaire
La filière assure que des mécanismes de contrôle existent déjà tout au long de la chaîne de production. Selon l’Ipavic, les usines d’aliments pour volailles veillent à maintenir les taux de mycotoxines dans les limites acceptables fixées par les normes. Concernant les résidus d’antibiotiques, notamment le chloramphénicol, François Djonou insiste sur le rôle crucial de l’encadrement vétérinaire dans les fermes, garantissant ainsi la conformité des produits.
Loin de rejeter les travaux scientifiques, l’interprofession voit dans cette situation une opportunité de renforcer les contrôles sanitaires sur l’ensemble du territoire. L’objectif affiché est de consolider la confiance des consommateurs tout en soutenant la croissance durable de l’aviculture camerounaise.




