La marque sénégalaise Maraz, spécialisée dans la maroquinerie et la chaussure haut de gamme, franchit une étape décisive dans son développement. Fondée en 2018, l’entreprise a inauguré cette année sa propre unité de production à Dakar, dans le quartier Mermoz, afin de répondre à une demande croissante sur le continent.
Une montée en puissance industrielle
Avec une capacité de production atteignant 150 paires par jour, cette manufacture permet à Maraz de structurer son offre. La marque, qui commercialise ses créations au Sénégal, au Kenya et en Côte d’Ivoire, diversifie son catalogue. Si la « Padam » — une chaussure inspirée d’un modèle nomade traditionnel revisité en cuir — reste l’emblème de la maison, l’atelier produit désormais des souliers patinés à la main, des sneakers et des accessoires de bureau.
Moustapha Sy Ndiaye, fondateur de la marque, souligne l’importance de cette maîtrise industrielle : « Il faut répondre à la demande. Nous étions largement en deçà de nos besoins, c’est pourquoi nous avons lancé notre propre chaîne de production. » Aujourd’hui, l’entreprise emploie près de cinquante personnes et collabore avec une trentaine de prestataires.
L’académie comme levier de professionnalisation
Au-delà de l’aspect commercial, Maraz mise sur la transmission des savoir-faire. En partenariat avec le programme « Invest for Jobs » de la coopération allemande (GIZ), la marque a créé la « M Academy ». Ce centre de formation a déjà permis à plusieurs centaines d’artisans de se perfectionner dans les métiers du cuir, du stylisme et du marketing.
Oumou Diop, représentante de la GIZ, explique ce choix stratégique : « Nous avons identifié Maraz comme un acteur capable de changer la donne dans cette filière. L’objectif était de collaborer avec des entreprises sénégalaises capables de respecter les normes internationales tout en structurant la production locale. »
Pour les artisans, comme le bottier Jean-Marie Baraille, ce cursus représente un tournant professionnel : « Avec l’académie, j’ai vu une très grande évolution. On m’a beaucoup appris sur le montage des chaussures, le modélisme et l’utilisation des machines. C’est le savoir-faire que j’ai acquis là-bas qui fait la différence. »
Perspectives internationales
Fort de cette structuration, Moustapha Sy Ndiaye affiche des ambitions continentales et internationales. Le fondateur prévoit d’étendre la présence de la marque dans une dizaine de pays africains supplémentaires. Un projet d’ouverture de boutique à Paris est également à l’étude, avec l’objectif de démontrer que le savoir-faire sénégalais peut s’imposer sur le marché mondial du luxe.





