Le paysage entrepreneurial africain voit l’émergence d’un nouvel acteur spécialisé. Aries Media Ventures a officiellement lancé son premier véhicule d’investissement, le Fund I, ciblant spécifiquement les startups de technologie médiatique (mediatech) et de divertissement en Afrique subsaharienne.
Combler un vide structurel
Le secteur créatif africain, bien que dynamique, souffre d’un déficit chronique de financement. Selon les données sectorielles de 2026, ce marché est estimé à 59 milliards de dollars, mais capte moins de 1 % du capital-risque total déployé sur le continent. Alykhan Kaba, associé général fondateur d’Aries Media Ventures, souligne une déconnexion persistante : « Les investisseurs qui comprennent les médias ne comprennent pas ces marchés, et les investisseurs qui comprennent ces marchés n’investissent pas dans les médias. »
Fort d’une expérience au sein de groupes comme NBCUniversal, Activision Blizzard et Live Nation, Alykhan Kaba a transformé son organisation — initialement un réseau professionnel créé en 2023 — en une structure d’investissement direct. L’objectif est clair : soutenir des entreprises technologiques scalables à l’intersection des médias, du divertissement et du commerce, tout en évitant les modèles classiques de production de contenu ou de maisons de disques.
Trois premières participations stratégiques
Le fonds a déjà amorcé son déploiement avec trois investissements :
- Aktivate : Fondée par Akinbola Asalu, cette plateforme se positionne comme un « système d’exploitation pour créateurs », facilitant la gestion des campagnes d’influence pour les marques et les agences.
- HustleSasa : Lancée par Peng Chen et Michael Denuh, cette solution accompagne les organisateurs d’événements avec des outils intégrés de billetterie, de paiement et de marketing.
- Book Mahali : Une place de marché kényane dédiée à la location d’espaces et d’équipements, facilitant la mise en relation entre hôtes et professionnels du secteur créatif.
Un écosystème en phase de structuration
L’initiative d’Aries Media Ventures s’inscrit dans un mouvement plus large, bien que encore restreint, d’investisseurs s’intéressant à l’économie créative africaine. Des acteurs comme Chocolate City, avec son Founders Fund, ou des initiatives de capital-risque corporate comme le Sony Innovation Fund Africa, commencent à explorer ce segment. Toutefois, la rareté des investisseurs institutionnels engagés durablement dans la mediatech souligne l’importance de ce nouveau fonds pour soutenir l’innovation technologique au service des créateurs africains.


