Le paysage aérien en Afrique de l’Ouest connaît une mutation profonde. Alors que les dessertes directes vers Bamako, Niamey et Ouagadougou ont été réduites par le retrait de plusieurs compagnies occidentales, les aéroports de Dakar et d’Abidjan s’imposent comme des points de passage stratégiques pour les voyageurs du Sahel.
Une nouvelle dynamique de transit
Le désengagement de certains transporteurs internationaux a créé un vide que les hubs régionaux tentent de combler. Pour les passagers en provenance ou à destination des capitales sahéliennes, les aéroports internationaux Blaise-Diagne de Dakar et Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan jouent désormais un rôle de pont essentiel vers le reste du monde.
Les données récentes témoignent de cette attractivité croissante. L’aéroport international Blaise-Diagne de Dakar a ainsi franchi une étape significative en accueillant près de 3 millions de passagers au cours de l’année 2024, illustrant le dynamisme de la plateforme sénégalaise dans ce nouveau contexte logistique.
La concurrence internationale s’intensifie
Toutefois, la position de Dakar et d’Abidjan n’est pas sans concurrence. Si ces deux capitales apparaissent comme des alternatives naturelles, le report des flux de voyageurs reste, pour l’heure, limité. Le marché aérien fait face à une reconfiguration où d’autres acteurs internationaux tirent leur épingle du jeu.
Des plateformes de correspondance situées hors du continent, telles qu’Istanbul, ainsi que d’autres hubs africains comme Casablanca et Addis-Abeba, captent une part notable du trafic. Cette situation souligne l’enjeu majeur pour les compagnies locales, notamment Air Sénégal et Air Côte d’Ivoire, qui doivent adapter leurs stratégies pour capter durablement cette demande régionale en pleine mutation.
Pour les voyageurs sahéliens, le choix de la porte d’entrée dépendra désormais de la capacité de ces hubs à offrir une connectivité fluide et compétitive face à une concurrence internationale de plus en plus présente sur les corridors africains.





