Pendant sept ans, l’académie de la NBA située à Saly, au Sénégal, a constitué un point d’ancrage pour le développement du basketball sur le continent. Dirigé par Joseph Lopez, ce programme a accueilli environ 110 jeunes athlètes venus de toute l’Afrique, les accompagnant dans leur progression sportive et académique. Cette structure a permis l’émergence de talents tels que Khaman Maluach et Ulrich Chomche, sélectionnés lors de la draft NBA, tandis que d’autres ont intégré la G League, des universités américaines ou des championnats professionnels européens.
Une stratégie en question
La décision de la NBA de fermer cette unique académie africaine pour regrouper la formation d’élite dans une nouvelle structure à Abou Dhabi soulève des interrogations au sein de la communauté sportive. Si la ligue américaine évoque un changement de stratégie plutôt qu’un retrait, l’absence de concertation avec les acteurs locaux — fédérations, autorités et personnel sénégalais dont les contrats ont pris fin le 31 juillet — est pointée du doigt. Pour de nombreux observateurs, cette fermeture contraste avec le maintien d’une infrastructure administrative coûteuse, composée de bureaux régionaux répartis dans plusieurs pays du continent.
Repenser le développement à la base
Le constat sur l’état du basketball africain demeure nuancé. En dehors de quelques nations, les championnats nationaux souffrent d’un manque de financement, d’une formation insuffisante des entraîneurs et d’une portée limitée des programmes de base. Pour Joseph Lopez, l’investissement doit désormais se concentrer sur le renforcement des structures locales plutôt que sur la multiplication des bureaux administratifs. Il souligne que la Basketball Africa League (BAL), malgré son succès, ne peut durablement prospérer sans un système de formation solide sur le sol africain.
Vers une nouvelle gouvernance
Face à cette situation, l’appel à une implication accrue de FIBA Afrique et des fédérations nationales se fait pressant. L’objectif est de redéfinir les termes de la collaboration avec la NBA pour garantir que les intérêts du continent soient préservés. La proposition repose sur quatre piliers :
- Une feuille de route continentale à 10 ans adoptée par les fédérations.
- La mise en place de contrats de performance incluant la gouvernance et le développement des jeunes catégories.
- Un financement conditionné aux progrès réalisés sur le terrain.
- Une prise de décision conjointe sur les programmes de développement.
L’expérience de Saly a démontré que l’Afrique possède les capacités de former ses propres talents. L’enjeu actuel est de bâtir un système autonome où les institutions locales reprennent le leadership, transformant la NBA en un partenaire stratégique plutôt qu’en unique architecte du développement du basketball africain.





