Le paysage du financement à impact en Afrique franchit une nouvelle étape. GuarantCo, entité du Private Infrastructure Development Group (PIDG), a annoncé le 30 octobre 2026 la clôture d’une levée de fonds de 100 millions de dollars. Ce capital, destiné aux marchés émergents avec une priorité marquée pour l’Afrique subsaharienne et l’Asie, vise à renforcer l’inclusion financière des femmes et à soutenir la transition climatique.
Une structure de financement innovante
Le dispositif, baptisé Nava Capital 1, repose sur une architecture financière conçue pour attirer les investisseurs institutionnels mondiaux. La stratégie est pilotée par ALMA, un investisseur spécialisé dans les dettes sur les marchés émergents. Pour sécuriser cette opération, GuarantCo a apporté une garantie partielle de crédit de 75 millions de dollars, tandis qu’ALMA a injecté 10 millions de dollars sous forme de tranche subordonnée de première perte. Aegon Asset Management intervient en tant qu’investisseur d’ancrage, le tout transitant par la plateforme de Symbiotics.
Priorité à l’autonomisation et au climat
Le fonds cible deux axes majeurs en phase avec les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies :
- Égalité des genres (ODD 5) : Le financement est orienté vers des institutions financières et des fintechs qui prêtent aux femmes, ainsi que vers des entreprises détenues ou dirigées par des femmes. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du 2X Challenge, dont les promoteurs du fonds sont membres.
- Action climatique (ODD 13) : Une partie des ressources est allouée aux PME développant des solutions durables, telles que la location de véhicules électriques ou les projets de petites énergies renouvelables.
« Cette opération est importante pour nous : le véhicule de financement climatique d’ALMA est innovant parce que l’investissement à visée de genre en est l’objectif premier », explique Dave Chalila, responsable des investissements Afrique chez GuarantCo. Pour Gautam Ivatury, associé gérant d’ALMA, cette structure offre une scalabilité prometteuse : « Cette structure de financement à impact peut être mise à l’échelle pour toucher davantage d’institutions financières et de PME des marchés émergents ».
Vers un modèle réplicable
L’ambition des partenaires dépasse le montant initial de 100 millions de dollars. Grâce à un mécanisme de recyclage du capital, le déploiement total devrait atteindre 240 millions de dollars. L’objectif à terme est de démontrer la viabilité de ce modèle pour attirer davantage d’investisseurs institutionnels et réduire la dépendance aux garanties publiques, consolidant ainsi une approche pérenne du financement à impact sur le continent.





