La chanteuse ivoirienne Josey s’est imposée comme l’une des figures majeures de la 16e édition du Marché des Arts et du Spectacle africains (Masa), tenue en avril 2026 à Abidjan. Son passage au cœur de ce grand-messe culturelle panafricaine illustre la vitalité de la scène musicale ouest-africaine et la reconnaissance croissante des artistes féminines innovantes sur le continent.
Un style singulier au service de l’afro-pop
La force de Josey réside dans sa capacité à fusionner plusieurs univers musicaux : le coupé-décalé traditionnel ivoirien, l’afro-pop contemporaine et l’afro-zouk, le tout enrobé d’une sophistication qui transcende les frontières générationnelles et sociales. Selon RFI, cet univers artistique « populaire et sophistiqué » a su séduire un public diverse au Masa, confirmant que les sons hybrides et créatifs trouvent leur place dans les festivals continentaux majeurs.
Cette approche musicale incarne une dynamique régionale plus large : celle d’une génération d’artistes ouest-africains qui refuse les silos et crée des ponts entre traditions et modernité. Elle rejoint d’autres initiatives de musiciens du Sahel et du golfe de Guinée qui exportent des sonorités mixtes vers le reste du continent et le monde.
Le Masa, vitrine de l’intégration culturelle CEDEAO
Le Masa, fondé en 2011 et basé à Abidjan, s’affirme comme une plateforme clé pour l’intégration culturelle régionale au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cet événement biennal réunit artistes, producteurs, distributeurs et décideurs des treize États membres et au-delà, formant un écosystème propice aux échanges et aux co-productions.
La présence remarquée de Josey au Masa souligne comment les femmes artistes deviennent des ambassadrices de cette intégration culturelle régionale. Dans un continent où les enjeux économiques et politiques de l’union régionale occupent le devant de la scène, la culture demeure un vecteur puissant de cohésion et de dialogue — un pilier trop souvent oublié dans les discussions sur la CEDEAO.
Une continuité esthétique au cœur de la diversité
Selon RFI, cette édition du Masa « mettait à l’honneur la diversité des esthétiques et la continuité » entre les expressions artistiques du continent. C’est précisément là que réside l’innovation : montrer que la diversité musicale de l’Afrique de l’Ouest n’est pas fragmentée, mais profondément interconnectée. Les mêmes rythmes, les mêmes influences historiques et sociales traversent les frontières ivoirienne, sénégalaise, burkinabé ou béninoise.
Josey incarne cette continuité. Elle ne « représente » pas uniquement la Côte d’Ivoire ; son art dialogue avec les expériences musicales partagées de la région entière, où la colonialité, les migrations, les échanges commerciaux et la vie urbaine ont façonné des cultures musicales résilientes et créatives.
Enjeux d’une scène ouest-africaine en expansion
L’émergence d’artistes comme Josey sur les plus grandes scènes régionales reflète aussi des enjeux économiques et stratégiques pour le continent. Les industries créatives africaines — musique, cinéma, arts visuels — contribuent de plus en plus aux économies locales, génèrent de l’emploi et attirent des investissements. La CEDEAO reconnaît progressivement cet enjeu, bien que les mécanismes de soutien aux artistes et à la distribution restent à renforcer.
Le succès de Josey au Masa envoie un signal positif : la scène musicale ouest-africaine produit des talents de calibre international, capables de séduire à la fois des audiences populaires et critiques, et de porter les voix du continent vers le monde.
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