Le mardi 28 juillet 2026, les éléments du point d’appui du GARSI 2 basé à Moussala ont conduit une opération d’envergure visant à démanteler un site clandestin d’orpaillage dans le village de Sansamba. Cette action illustre la mobilisation croissante des autorités guinéennes pour combattre l’exploitation minière illégale, un phénomène qui ronge le secteur minier et prive l’État de revenus essentiels.
Le GARSI 2 (Groupement d’appui à la recherche et à la sécurité) est une structure chargée de renforcer la sécurité des sites miniers et de lutter contre les activités d’exploitation non réglementées. Son action à Sansamba s’inscrit dans une logique de contrôle territorial et de préservation des ressources naturelles du pays.
Un fléau aux multiples conséquences
L’orpaillage illégal représente un enjeu majeur pour la Guinée, le deuxième producteur mondial de bauxite. Au-delà des seuls métaux précieux, cette activité clandestine génère des impacts préjudiciables : perte de fiscalité minière, dégradation environnementale (pollution des cours d’eau, destruction des sols), travail informel et parfois exploitation de mineurs, déstabilisation des zones rurales.
Ces sites non contrôlés échappent à toute réglementation environnementale et sanitaire. Ils utilisent fréquemment des matériaux et des techniques primitives, exposant les orpailleurs eux-mêmes à des risques graves — contamination au mercure, effondrements de terrain, accidents du travail sans couverture sociale.
Vers une formalisation du secteur
Le démantèlement du site de Sansamba traduit une volonté d’inscrire l’orpaillage dans un cadre légal et contrôlé. En Guinée, comme dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, la tendance est à la reconnaissance de l’artisanat minier légitime — celui-ci employant des millions de personnes — tout en éradiquant ses formes criminelles et abusives.
Les autorités guinéennes travaillent progressivement à l’élaboration d’un cadre réglementaire qui permette aux orpailleurs de s’enregistrer, de bénéficier d’une formation aux bonnes pratiques et de contribuer formellement aux finances publiques. Ces opérations de démantèlement s’accompagnent donc d’une réflexion plus large sur l’intégration économique et fiscale du secteur.
Défis et perspectives
Malgré ces efforts, la lutte contre l’orpaillage illégal reste complexe. La proximité des sites clandestins aux zones frontalières, la mobilité des opérateurs, le manque de ressources suffisantes pour les forces de sécurité et le potentiel revenu pour les populations vulnérables constituent autant d’obstacles.
Pour que le succès soit durable, les experts plaident pour une approche combinée : renforcement des capacités des autorités, mise en place d’une fiscalité minière artisanale attractive, investissement dans les communautés minières, et amélioration du suivi environnemental. Une telle stratégie réduirait l’incitation à l’illégalité tout en générant des revenus réguliers pour l’État.
L’opération du GARSI 2 à Sansamba reste un signal fort de la détermination des autorités. Toutefois, son impact réel dépendra de la continuité des actions, du soutien apporté aux populations concernées pour emprunter des voies légales, et de la construction progressive d’une industrie minière artisanale responsable et productive.





