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Société

Cartographier l’Afrique pour ne laisser personne à l’écart : l’enjeu des données géospatiales

Des villages invisibles sur les cartes. Des communautés oubliées des programmes de développement. Omowonuola Akintola promeut la géomatique comme outil de justice territoriale en Afrique. Enjeux d'intégration régionale et opportunités pour le continent.

Cartographier l’Afrique pour ne laisser personne à l’écart : l’enjeu des données géospatiales

Un village sans traces sur les cartes. Une communauté ignorée des programmes de développement. Une intervention d’urgence ralentie par l’absence de données fiables. Ces situations, Omowonuola Akintola en a fait le point de départ de son engagement : utiliser la géomatique comme outil de justice territoriale et d’efficacité dans l’action publique.

La question n’est pas nouvelle, mais elle devient critique pour le continent. L’Afrique reste largement sous-cartographiée : des zones rurales entières, notamment en Afrique de l’Ouest, échappent encore aux bases de données géospatiales modernes. Cette invisibilité administrative a des conséquences directes : gouvernements et organisations humanitaires ne peuvent pas cibler leurs investissements, les entrepreneurs peinent à identifier les opportunités de marché, les autorités de gestion des catastrophes opèrent à l’aveugle.

Des données pour mieux servir les territoires oubliés

Le travail d’Akintola illustre une approche pragmatique : transformer les données géospatiales en instrument de service public. En combinant cartographie numérique, données satellitaires et enquêtes de terrain, il devient possible d’identifier les communautés dépourvues d’électrification, de planifier l’extension des réseaux d’eau potable, ou de cibler les investissements agricoles dans les régions qui en ont le plus besoin.

Pour la Guinée et l’Afrique de l’Ouest, les enjeux sont majeurs. La Guinée, pays riche de ressources naturelles et de biodiversité, dispose de données cartographiques fragmentaires. Les initiatives régionales, portées par des institutions comme la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), commencent à reconnaître l’importance de standardiser et partager les données géospatiales à l’échelle continentale. L’Union africaine et ses partenaires travaillent sur des cadres d’interopérabilité pour créer un écosystème de données géographiques fiable et accessible.

L’innovation africaine au cœur du défi

Ce qui distingue l’approche actuelle, c’est que des experts africains comme Akintola proposent des solutions ancrées dans les réalités du continent. Pas d’outils génériques importés du Nord, mais des méthodologies pensées pour les contextes africains : intégration de savoirs locaux, travail avec les communautés, adaptation aux infrastructures existantes.

Les applications concrètes se multiplient : électrification rurale en Afrique de l’Ouest, planification urbaine dans les villes à croissance rapide, gestion des risques climatiques, optimisation des chaînes d’approvisionnement agricoles. Des startups et des structures gouvernementales commencent à mobiliser ces outils. Le potentiel économique est considérable : chaque projet d’infrastructure mieux ciblé réduit les gaspillages, chaque investissement mieux placé génère du retour.

Vers une intégration régionale des données

L’enjeu dépasse le cas individuel. Il s’agit de construire une architecture continentale de données géospatiales fiable, interopérable et contrôlée par les États africains eux-mêmes. La CEDEAO, la Communauté du Sahel et du Sahara (CEN-SAD), et l’Union africaine ont commencé à coordonner des efforts pour harmoniser les standards et faciliter l’accès aux données entre pays membres.

Pour les entrepreneurs et les décideurs, l’enjeu est stratégique : à mesure que ces données deviennent disponibles, elles ouvrent des fenêtres d’opportunité — pour les entreprises de génie civil, les startups agritech, les solutions de logistique, ou les projets de développement territorial. Mais seules les structures qui comprendront l’importance de cette transparence cartographique pourront en tirer parti.

Le défi immédiat reste la volonté politique : généraliser l’accès à ces données, former les équipes locales, et inscrire la cartographie géospatiale dans les cycles de planification publique. En Guinée comme partout en Afrique de l’Ouest, c’est cette transformation qui permettra de transformer les cartes blanches en territoires connus, servis et productifs.

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La rédaction de Fameen News

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