La Guinée mise de plus en plus sur la transformation numérique comme levier de développement économique et d’insertion professionnelle pour sa jeunesse. C’est le message porté par Mamadou Cellou Baldé, ministre de la Jeunesse et des Sports, lors du lancement des initiatives de la plateforme Génération qui Ose, organisé en partenariat avec l’Association des blogueurs de Guinée.
Un appel à l’appropriation des outils numériques
Face à un contexte où les jeunes Guinéens représentent plus de 60 % de la population, la maîtrise des technologies numériques s’impose comme une priorité stratégique. Le ministre a appelé les jeunes à ne pas rester spectateurs face à cette révolution technologique, mais à s’en approprier les outils pour construire leur propre avenir et contribuer au progrès du pays.
Cette invitation rejoint une dynamique plus large en Afrique de l’Ouest, où les gouvernements reconnaissent progressivement que l’accès à la formation numérique et à l’entrepreneuriat tech peuvent réduire le chômage des jeunes et favoriser l’innovation locale. La Guinée, dotée d’un secteur des télécommunications en expansion, dispose d’une base pour accélérer cette transition.
Génération qui Ose : une plateforme pour agir
La plateforme Génération qui Ose vise à connecter les jeunes innovateurs, entrepreneurs et créateurs autour de projets numériques concrets. Ces initiatives englobent typiquement la formation aux compétences digitales, le mentorat en entrepreneuriat tech, et l’accès à des ressources pour lancer des startups ou des services numériques répondant aux défis locaux.
L’implication de l’Association des blogueurs de Guinée souligne l’importance des acteurs de la société civile et des créateurs de contenu dans cette mobilisation. Les blogueurs et créateurs numériques jouent un rôle croissant en Afrique comme vecteurs d’influence, de sensibilisation et de connexion entre jeunes talents.
Des enjeux concrets pour l’économie guinéenne
Au-delà de l’accès à l’emploi, les outils numériques ouvrent des portes à l’entrepreneuriat décentralisé. Un jeune Guinéen peut, via internet et des compétences adaptées, développer un service de conseil, une activité de freelance, une application mobile, ou participer à l’économie numérique mondiale sans quitter son territoire. C’est particulièrement pertinent en Guinée, où les zones rurales restent souvent coupées des opportunités urbaines traditionnelles.
L’enjeu est aussi celui de la création de valeur locale. Plutôt que d’être des consommateurs passifs de technologie, les jeunes Guinéens sont encouragés à devenir producteurs de solutions numériques adaptées aux besoins du continent — logiciels de gestion agricole, applications bancaires mobiles, plateformes d’e-commerce, outils de santé digitale, etc.
Des défis à surmonter
Cet appel du ministre s’inscrit dans un contexte où plusieurs obstacles demeurent : l’accès à internet reste inégal selon les régions, le coût de la connexion freine l’engagement des plus précaires, et les cursus de formation technique ne sont pas toujours alignés sur les besoins du marché numérique réel.
Pour que cet élan se concrétise, il faudra que des investissements accompagnent ces initiatives — infrastructure de connectivité fiable, centres de formation accessibles, financement pour les startups prometteuses, et environnement réglementaire favorable à l’innovation.
Une dynamique régionale
La Guinée ne marche pas seule : d’autres pays d’Afrique de l’Ouest renforcent aussi leurs efforts pour démocratiser l’accès à la formation numérique et soutenir l’entrepreneuriat tech. Cette convergence crée des opportunités de coopération, de partage de bonnes pratiques et d’émulation positive.
L’ambition affichée par Mamadou Cellou Baldé reflète une conviction croissante : le numérique n’est plus un luxe ou une option, mais une nécessité pour les jeunes Africains qui veulent maîtriser leur destinée économique et professionnelle.





