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Économie

Souveraineté sanitaire : comment l’Afrique peut construire son industrie pharmaceutique

Dr Abdoulaye Konipo, cofondateur de BIOMED MALI S.A., défend une vision : l'Afrique doit construire sa propre industrie pharmaceutique pour assurer sa souveraineté sanitaire. Un modèle de développement qui repose sur la production locale et le transfert de technologies.

Souveraineté sanitaire : comment l’Afrique peut construire son industrie pharmaceutique

L’industrie pharmaceutique africaine demeure largement dépendante des importations. Selon les experts du secteur, le continent produit moins de 2 % des médicaments qu’il consomme, une vulnérabilité structurelle mise en lumière lors de crises sanitaires mondiales. Cette réalité pousse des entrepreneurs comme Dr Abdoulaye Konipo, cofondateur de BIOMED MALI S.A., à prôner un modèle différent : une industrialisation pharmaceutique pensée, conçue et exécutée par l’Afrique elle-même.

Un modèle africain d’indépendance sanitaire

Dr Konipo, pharmacien industriel et entrepreneur malien, défend une vision claire : l’Afrique ne peut pas se contenter d’être consommatrice de médicaments importés. Elle doit investir dans la production locale, le transfert de technologies et la formation de ses propres cadres. Cette approche repose sur trois piliers : la maîtrise des chaînes de production, l’accès aux matières premières et la création de valeur ajoutée sur le continent.

« Le continent dispose des ressources, des talents et de la demande nécessaires pour bâtir une industrie pharmaceutique compétitive », souligne l’entrepreneur. Cette conviction s’appuie sur des réalités tangibles : une population croissante (plus de 1,3 milliard d’habitants), des besoins sanitaires massifs et un marché intra-africain en expansion.

Leçons du Regional Health Investment Forum

En marge du Regional Health Investment Forum consacré à l’investissement pharmaceutique au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Dr Konipo a échangé avec des décideurs, investisseurs et acteurs sanitaires régionaux. Ces rencontres ont confirmé l’urgence d’agir et l’existence de synergies possibles entre pays africains et partenaires du monde arabe.

Le diagnostic partagé est sans appel : le modèle actuel—où l’Afrique importe 80 à 90 % de ses besoins en médicaments—crée une dépendance économique et expose le continent à des risques d’approvisionnement. Les ruptures de stocks lors de crises sanitaires ont montré les limites d’un système qui ne maîtrise pas sa production.

Vers une stratégie continentale

BIOMED MALI S.A. incarne une réponse entrepreneuriale à cette problématique. L’entreprise s’inscrit dans une logique de production locale, de formulation de médicaments génériques et de respect des normes internationales. Elle représente aussi un modèle reproductible : comment transformer une ressource locale en solution industrielle compétitive.

Cette démarche rejoint les ambitions affichées par l’Union africaine et les gouvernements du continent, qui ont reconnu l’industrie pharmaceutique comme secteur stratégique. L’Afrique de l’Ouest, en particulier la Guinée et le Mali, possède un potentiel significatif : ressources naturelles, position géographique, accès aux marchés régionaux.

Défis et opportunités

Construire une industrie pharmaceutique africaine suppose de relever des défis majeurs : financement des investissements initaux, formation de techniciens et d’ingénieurs, mise en conformité avec les normes de qualité internationale, création de chaînes d’approvisionnement régionales fiables.

Mais les opportunités sont tout aussi réelles. Le marché pharmaceutique africain croît à un rythme annuel de 7 à 10 %, tiré par l’augmentation des revenus et l’amélioration de l’accès aux soins. Les investisseurs africains, régionaux et internationaux regardent de plus en plus le continent comme un terrain de croissance stratégique.

La transition vers une souveraineté sanitaire durable exige une action coordonnée : politiques gouvernementales favorables, partenariats public-privé, transfert de technologie, harmonisation des normes régionales. Des entrepreneurs comme Dr Konipo posent les jalons d’une transformation qui pourrait redéfinir la relation de l’Afrique avec son industrie pharmaceutique.

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La rédaction de Fameen News

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